Cistude d’Europe

Nom: 
Cistude d’Europe
Nom Scientifique: 
Emys orbicularis
Présentation de l'espèce: 

Cistude d’EuropeCistude d’Europe

Code UE : 1220

Classe : Reptiles
Ordre : Chéloniens
Famille : Emydidés
Genre : Emys
Espèce : orbicularis

Description et caractéristiques générales

Description
La Cistude d’Europe est une espèce méditerranéenne et d’Europe centrale.
Elle est de couleur noirâtre ou brunâtre, habituellement avec des dessins clairs sous forme de tâches ou de stries jaunes et une carapace aplatie.

Habitat
Elle se rencontre près des cours d’eau à faible courant, des marais ou des étangs pourvus d’une végétation aquatique abondante.
On l’observe quelquefois en train de se chauffer sur les berges ou les branchages en bordure de l’eau. Habitant généralement les zones humides, on la trouve de préférence dans les étangs, mais aussi dans les lacs, marais d’eau douce ou saumâtre, mares, cours d’eau lents ou rapides, canaux, etc…
Elle affectionne les fonds rocheux en Provence et en Corse où elle trouve refuge en cas de danger ou pendant l’hivernation et l’estivation. Elle apprécie les endroits calmes et ensoleillés, à l’abri des activités humaines.

Activité
La cistude hiverne d’octobre à mars sous la vase (dans les étangs, en bord de roselière le plus souvent) ; elle sort de l’hivernage dès les premiers jours d’insolation continue à partir de fin février ; dans le midi, en cas de grande chaleur ou de sécheresse, la tortue utilise un terrier dans la berge ou s’enfonce dans la vase en attendant la pluie (estivation). C’est une espèce essentiellement diurne qui passe la nuit dans l’eau, immobile, pattes et tête pendantes.
Elle prend des bains de soleil au bord de l’eau (roselière mais aussi pierre, branchage, tronc d’arbre, etc....) quand la température de l’air est supérieure de 4°C à celle de l’eau ; son optimum thermique est de 25°C. Farouche et discrète, elle plonge au moindre dérangement ou si la température de l’air varie de manière importante.
C’est une espèce sédentaire qui passe la majeure partie de son cycle de vie dans l’eau, se déplace de 40 à 80 m par jour en moyenne dans les étangs mais peut migrer naturellement ou en cas de « catastrophe » (assec estival de l’étang) vers un autre point d’eau situé à plusieurs centaines de mètres ; les mâles sont plus mobiles (déplacements parfois supérieurs à 1 km).
La Cistude ne défend pas son territoire mais on observe cependant des compétitions entre mâles lors de la période de reproduction ; le territoire de vie mais il est fluctuant, l’animal pouvant changer d’emplacement existe (partie d’un étang ou autre étang). Il n’existe pas d’organisation sociale particulière mais l’animal supporte bien la vie en groupe.

Reproduction
La maturité sexuelle est atteinte entre 8 et 15 ans chez les mâles, entre 10 et 18 ans voire plus (20 ans ?) chez les femelles. L’accouplement s’effectue de mars à octobre avec un maximum en avril-mai.
La ponte a lieu principalement en mai-juin-juillet sur des sols chauds, exposés au sud (non inondables, sableux ou sablo-limoneux, bien dégagés), à une distance du point d’eau pouvant atteindre plusieurs centaines de mètres ; la cistude pond de 3 à 13 œufs, généralement 8 ou 9, dans un trou profond d’une dizaine de centimètres qu’elle creuse avec ses pattes arrières ; la femelle peut effectuer une ponte principale et une ponte complémentaire (notamment en cas de perturbation) ; certaines femelles semblent ne pas se reproduire tous les ans.
Les naissances ont lieu en automne après un développement embryonnaire de 2 à 4 mois (en cas de conditions météorologiques défavorables, la naissance peut ne s’effectuer qu’au printemps suivant).
Le sexe est déterminé génétiquement mais aussi en partie par la température lors de l’une des phases de l’incubation : < 28°C  mâles, > 29°C  femelles (à 28,5°C : 50% de mâles et 50% de femelles) ; la sex-ratio est généralement en faveur des femelles (rapport mâles/femelles proche de 0,5).

Longévité
On estimerait à 1 chance sur 100 les probabilités d’un jeune d’atteindre l’âge adulte.
L’espérance de vie serait de 40 à 60 ans, voire plus de 100 ans en captivité.

Alimentation
La cistude est presque exclusivement carnivore. Son régime alimentaire se compose principalement d’insectes, de mollusques aquatiques, de crustacés et de leurs larves (occasionnellement, elle peut se nourrir de poissons malades ou morts, d’œufs de poissons, d’œufs et de têtards de batraciens, de sangsues, et exceptionnellement, elle peut s’alimenter d’oisillons ou de petits rongeurs qu’elle entraîne sous l’eau, noie et déchiquette).

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire

Présente dans toute l’Europe, exceptée la Scandinavie, le Moyen-orient et l’Afrique du Nord.

En France
Distribuée environ dans la moitié sud de la France : Aquitaine, Poitou- Charentes, Pays de Loire, Centre, Rhônes-Alpes, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En région Provence-Alpes-Côte d’Azur
L’espèce est bien représentée dans les marais de Camargue et en Crau. Dans le reste de la Provence, on la rencontre surtout dans les cours d’eau méditerranéen, notamment dans le Var où le bastion de l’espèce se trouve dans les Maures et, à un moindre degré, l’Estérel.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site
La cistude d’Europe subsiste essentiellement dans les marais. Les populations des rivières méditerranéennes sont rares et disjointes. La population de Haute Siagne est une des rares des Alpes-Maritimes où l’espèce est en voie de disparition.

Distribution détaillée sur le site
En Haute Siagne, la cistude se distribue dans la partie avale du site, de la sortie des gorges à Auribeau-sur-Siagne. Cette répartition est directement liée à la présence de sites de pontes favorables à l’espèce qui se présentent sous forme de berges sableuses. L’habitat principal de la cistude en Haute Siagne est constitué d’une ripisylve morcelée sur sol sableux, là où la rivière forme de larges vasques, quelques méandres et des bras morts ralentissant le courant. Elle a été localisée aussi vers la chapelle Saint-Cassien- des-Bois et Pont de Lignières (communes du Tignet/Tanneron).

Données biologiques pour la conservation
Effectif
La population semble extrêmement réduite puisqu’à ce jour, seuls 4 individus ont été vus ensemble. En aval d’Auribeau-sur-Siagne la population semble beaucoup plus importante. Cependant, la présence de plusieurs barrages empêche certainement les échanges entre les deux noyaux de peuplement.

Structuration spatiale des populations
La population semble centrée autour de la Chapelle Saint-Cassien-des-Bois où l’espèce trouve encore des zones favorables pour la ponte, la chasse et l’ensoleillement.

Données démographiques
A ce jour, seul des adultes ont été observés. Il est possible qu’aucune reproduction ne soit intervenue depuis plusieurs années.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexe II et IV
- Protection nationale : entièrement protégée par la loi (arrêté du 24 avril 1979 modifié le 5 juin 1985, JO du 12/06/85)

Diagnostic synthétique: 

Les effectifs de la population semblent très faibles et un déclin certainement déjà amorcé va se poursuivre d’autant plus que la population de la Haute Siagne n’est plus en contact avec celle de la Basse Siagne. Une étude de marquage, capture et recapture est nécessaire pour connaître la réelle taille de la population et connaître sa structure.

Incidence des usages et activités humaines
Les facteurs anthropiques sont à la base du déclin de la cistude :
- présence d’un barrage empêchant les échanges entre noyaux de populations
- dérangements répétés sur les berges (promeneurs, pique-niqueurs, moto-cross). Ces activités participent aux piétinements des zones de pontes et au dérangement.
- prélèvement d’individus par des particuliers,
- la reforestation importante des bords de cours d’eau créant un ombrage trop important pour la survie de l’espèce (adultes comme pontes).

Menaces
- Prédation des pontes par la fouine (Martes foina), le putois (Mustela putorius), le renard (Vulpes vulpes), le sanglier (Sus scrofa), le blaireau (Meles meles), etc., d’autant plus préjudiciable que les pontes ont tendance à se concentrer du fait de l’enfrichement.
- Régression des populations sous l’effet des incendies dans le sud de la France,
- Concurrence avec des espèces introduites, notamment la tortue de Floride, qui a déjà été vue sur la zone d’étude.
- Capture par des terrariophiles ou le grand public malgré son statut d’espèce protégée.

Objectifs de gestion: 

- Favoriser le maintien de la population au sein du site en permettant les échanges entre les populations.

- Assurer à l’espèce une reproduction en toute tranquillité.

Plan d’actions proposé pour l’espèce sur le site

- Dégager la ripisylve au niveau des zones de ponte (berges sableuses) afin que celles-ci gardent un caractère thermophile,
- Laisser quelques embâcles dans la rivière pour permettre aux cistudes de s’isoler en toute tranquillité.
- Protéger les concentrations de pontes au moyen de clôtures, de cloches grillagées ou de répulsifs olfactifs pour éviter la prédation ou le piétinement.
- Recréer des échanges entre les populations de cistudes de la Haute Siagne et de la Basse-Siagne.
- Préserver la tranquillité des animaux en limitant l’accès des promeneurs à une partie des berges (éviter les zones de ponte potentielles et les zones d’insolation des cistudes).
- Interdire les motos tout terrain sur l’ensemble des berges.

Espèces concurrentes
- Faire en sorte que la tortue de Floride soit classée en espèce nuisible.
- Eviter le lâcher de tortues de Floride dans la nature (organisation de la récupération et du stockage).

Date de publication Titre
12/10/2009 - 10:06 Comité de pilotage NATURA 2000

La prochaine réunion de comité de pilotage du site NATURA 2000 Gorges de la Siagne (FR 9301574) aura lieu le 5 novembre 2009 à St vallier de Thiey à 14h30.
Ordre du jour :
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