Vipère d’Orsini

Nom: 
Vipère d’Orsini
Nom Scientifique: 
Vipera ursinii (Bonaparte, 1835)
Présentation de l'espèce: 

Vipère d’OrsiniVipère d’Orsini

Code UE : 1298

Classification : Ophidiens
Classe : Reptiles
Ordre : Squamates
Famille : Vipéridés
Genre : Vipera
Espèce : ursinii

Description et caractéristiques générales

Description
C’est la plus petite vipère d'Europe : sa taille varie de 15 cm à la naissance à 50 cm pour une très grande femelle adulte (les femelles étant en général d'une taille supérieure aux mâles).
Sa face dorsale est grise, brune ou olivâtre (ces trois teintes étant plus ou moins foncées) avec un fort zig-zag noirâtre continu ; le dessous est blanc cassé ou gris clair avec quelques taches diffuses de couleur sombre.
Les écailles dorsales et latérales sont carénées et disposées en 19 rangées ; le nombre moyen de plaques ventrales est 125 (114 à 136) et le nombre de sous-caudales varie de 25 à 38 chez les mâles et de 18 à 28 chez les femelles. Une à trois grandes plaques céphaliques généralement entières : la frontale en écusson et 2 pariétales symétriques (segmentées dans environ 20% des cas) ; la première préoculaire presque toujours en contact avec la nasale.

Habitat
Son habitat, se situe sur les crêtes et les plateaux xériques aux étages montagnard et subalpin (entre 900 et 2200 m d'altitude), dans les pelouses xériques de configuration steppiques. Il est caractérisé par son fort ensoleillement estival, ses importants contrastes thermiques, et plusieurs mois annuels d'enneigement (4 populations sur les 16 connues sont situées sur des stations de sport d'hiver).
Le milieu végétal est constitué par des pelouses écorchées alternant avec des arbustes au port souvent en coussinet et des affleurements rocheux calcaires, fracturés et offrant des abris. Les pelouses sont constituées essentiellement par les genres Festuca, Bromus et Avena en alternance avec un certain nombre d'autres espèces végétales dont l'abondance est variable selon les stations. Les ligneux bas sont représentés par les espèces suivantes : genévrier nain (Juniperus nana), groseiller (Ribes uva-crispa), lavande (Lavandula angustifolia), rosier (Rosa canina), genêt cendré (Genista cinerea), buis (Buxus sempervirens) ; ces deux dernières espèces sont souvent envahissantes et posent le problème de la fermeture du milieu (diminution de la strate herbacée, diminution des possibilités de thermorégulation pour les reptiles). Une mention spéciale doit être faite pour le genévrier nain qui est certainement l'espèce végétale qui caractérise le mieux le biotope de la vipère d'Orsini dans les Alpes du sud.

Cette vipère tolère bien la présence d'arbres isolés, souvent morphosés par le vent, dont les branches basses peuvent servir d'abris, Pinus sylvestris et Pinus uncinata en particulier. En l'absence de strate arbustive basse et de lapiaz, l'espèce peut trouver refuge dans certains pieds très denses d'avoine toujours verte (Helictotrichon sempervirens).
Dans cet habitat en mosaïque, la vipère d'Orsini dont le territoire est exigu trouve pendant les mois d'été une forte quantité d'orthoptères pour se nourrir, des espaces dégagés favorables à sa thermorégulation ainsi que des abris anti-prédateurs. La présence d'affleurements rocheux fissurés ou de tas de pierre permet l'hibernation sur le site même de l’activité estivale.

Activité
La vipère d'Orsini est une espèce extrêmement discrète. Elle n'est active que 3,5 à 5,5 mois par an, et en raison de sa petite taille et de sa coloration cryptique elle passe inaperçue. A l'approche de l'homme elle choisit l'immobilité absolue ou la fuite discrète, lente et silencieuse. La vipère d'Orsini tolère pendant sa phase d'activité estivale des températures allant de 11° à 38°C, son optimum étant de 28°C. Elle est surtout active aux premières heures de la journée, ainsi que les 2 ou 3 heures précédant le coucher du soleil ; les heures les plus chaudes sont passées à l'abri du soleil, sous une pierre, dans une fissure de rocher ou sous un buisson épais.
La pause hivernale intervient généralement en octobre après une période de mauvais temps. La durée de l'hibernation est variable selon le sexe et l'état de maturité des animaux : les mâles sortent les premiers de mi-avril à début mai ; ils sont suivis par les femelles vers la mi-mai et plus tardivement par les immatures des deux sexes qui n'entrent en activité que vers la fin du mois de juin.
La surface moyenne de l'espace vital est de l'ordre de 0,1 à 0,2 ha (les mâles ayant des espaces vitaux sensiblement plus importants que ceux des femelles). Cet espace vital n'est pas fréquenté de manière homogène mais en fonction de ses ressources alimentaires et de ses abris potentiels.
On ne note pas de concentrations ni de mouvements saisonniers liés à la recherche d'abris pour hiberner (anfractuosités, lapiaz, racines enchevêtrées, terriers de rongeurs). En dehors de la période des accouplements, l'espèce est solitaire.

Reproduction
L'espèce est ovo-vivipare.
Sa reproduction est relativement complexe à étudier dans la nature mais J. P. Baron a pu prouver que la première reproduction avait lieu chez les femelles au cours de leur quatrième année et chez les mâles au cours de leur troisième ; le rythme de reproduction des femelles est essentiellement biennal et le nombre d'œufs est alors en moyenne de 4 par femelle. Les accouplements ont lieu durant la seconde moitié du mois de mai et les mises bas entre fin août et fin septembre. Les jeunes à la naissance ne mesurent qu'une quinzaine de centimètres et ils rentrent assez rapidement en hibernation ; ils ne se nourriront pour la première fois qu'à la fin du mois de juin de l'année suivante.

Le cycle de reproduction est intimement lié, chez la vipère d'Orsini, à celui des mues ; en effet les mâles matures effectuent trois mues annuelles dont l'une prénuptiale (vers
la mi-mai) et deux postnuptiales (vers début juillet puis début septembre) ; chez les femelles matures la mue prénuptiale n'existe pas et elles n'effectuent que deux mues (l'une vers début juillet et l'autre vers début septembre, avant la mise bas). Les immatures, non liés aux tâches de la reproduction, ne sortent que fin juin mais muent 3 fois dans le courant de l'été.

Alimentation
La vipère d'Orsini a un régime alimentaire très original pour un ophidien puisqu'elle se nourrit presqu' exclusivement d'orthoptères (sauterelles et criquets).
Les orthoptères ne sont reconnus comme proie que si leur taille dépasse 16 mm de longueur et cela quelle que soit la taille des Vipères. Celles-ci ne semblent pas avoir de préférence alimentaire mais consomment les orthoptères présents en fonction de leur abondance et de leur accessibilité.
La période d'alimentation de l'espèce s'étend de la fin juin à la fin septembre c'est-à-dire de l'époque où les orthoptères atteignent la taille de 16 mm jusqu'aux premières gelées où ils disparaissent ; les prises de nourriture ont lieu en moyenne tous les trois jours avec quelques variations en fonction de l'âge et du sexe.
Les micromammifères, bien que consommés en captivité et dans d'autres parties de l'aire de répartition de l'espèce, n'ont pas pu être mis en évidence dans le régime alimentaire de la vipère d'Orsini en France.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire
Elle est présente de la France en l’Italie, ex-Yougoslavie, Grèce et Turquie jusqu’en Asie centrale où elle atteint les montagnes du Tien-shan.

En France
En France, 16 stations sont actuellement connues, toutes situées en Provence-Alpes- Côte-d’Azur.

En région Provence- Alpes-Côte-d’Azur
Les départements des Alpes-de- Haute- Provence et des Alpes- Maritimes sont les plus favorables à l'espèce avec respectivement 10 stations totalisant 3500 ha et 4 grandes stations totalisant 5200 ha. Dans chacun des départements du Var et du Vaucluse, en limite sud et ouest de l'aire de l'espèce, on ne trouve qu'une seule station d'une centaine d'hectares. En fonction des recherches déjà effectuées et des difficultés à rencontrer l'espèce, il est très probable que de nouvelles populations restent à découvrir en particulier dans le département des Alpes de Haute Provence qui offre le plus de potentialités pour l'espèce.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site
Si l’existence de l’espèce en Haute Siagne est confirmée, il s’agira d’une nouvelle station pour l’espèce en France.

Distribution détaillée sur le site
En Haute Siagne, le seul milieu favorable à la vipère d’Orsini se trouve au sommet de la montagne des Louquiers où l’on retrouve de vastes pelouses parsemées de genévriers. Une mue a été repérée par V. Ruffray en 2001 et confirmée par Philippe Orsini, conservateur adjoint au Conservatoire d’Histoire Naturelle de Toulon.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : A ce jour, il est impossible de connaître la taille de la population.

Structuration spatiale des populations
La population de vipère d’Orsini est centrée sur les plateaux de Calern et de Caussols.
L’habitat favorable à la vipère d’Orsini occuperait environ 120 hectares. On le trouve sur la Montagne des Louquiers dans le périmètre de la proposition d’extension du site Natura 2000.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexes II et IV
- Convention de Berne : Annexe II
- Convention de Washington : Annexe I
- Protection nationale : Arrêté du 22 juillet 1993
- Livre Rouge des reptiles et amphibiens disparus ou menacés : « vulnérable »
- Classement U.I.C.N. : « menacée d’extinction »

Diagnostic synthétique: 

Espèce fragile de par le morcellement de sa distribution et sa faible densité de population. Elle est caractéristique des milieux pastoraux.
Malgré un cycle saisonnier synchrone à la période de forte fréquentation humaine en montagne, on ne note pas de fortes interrelations négatives entre la vipère d'Orsini et l'homme cela est dû à la grande discrétion de l'espèce et à son absence d'agressivité (on ne connaît pas de cas recensé de morsure sur des promeneurs et les cas de morsures sur les biologistes étudiant l'espèce se sont avérés être sans gravité).
Espèce fortement menacée.

Menaces
Les menaces pesant sur l'espèce peuvent être classées en trois catégories :

- Les menaces à long terme : elles se confondent avec les causes historiques de raréfaction. Ce sont la fermeture du milieu végétal et l'envahissement des zones herbacées ou des landes claires par la forêt. Ces causes résultent essentiellement de la régression des activités humaines traditionnelles et en particulier de la diminution du pastoralisme extensif dans les Préalpes.
- Les autres menaces : devant l'envahissement par la forêt, l'idée de maintenir d'immenses surfaces ouvertes par l'utilisation des brûlages dirigés est tentante et commence à être mise en application. Malheureusement on ne dispose d'aucun élément sur la manière dont réagit l'espèce à ces modifications brutales et sur de très grandes surfaces de son habitat.
La plupart des autres menaces à court terme sont le fait d'activités humaines (l'urbanisation diffuse, création de nouvelles voies de circulation, tourisme motorisé, mise en culture à des fins cynégétiques ou pastorales des fonds de dolines, surpâturage à proximité des bergeries et enclos, collecte par les collectionneurs et/ou les marchands de reptiles, destruction de l'espèce lorsqu'elle est rencontrée sur un sentier.
- En tant que proie, la vipère d'Orsini peut être consommée de manière régulière par le circaète Jean le Blanc (Circaetus gallicus) et de manière occasionnelle par le Blaireau (Meles meles), le Sanglier (Sus scrofa), voire la buse variable (Buteo buteo), le busard cendré (Circus pygargu)s et le grand corbeau (Corvus corax).

Objectifs de gestion: 

Confirmer et estimer la taille de la population. Maintenir l’habitat actuel dans l’état actuel favorable à l’espèce et assurer la surveillance du site.

Plan d’actions proposé pour l’espèce sur le site

- Effectuer une recherche plus approfondie de la vipère d’Orsini notamment en septembre et octobre sur le massif des Louquiers (commune de Mons).
- Empêcher toute modification brutale de l'habitat de la vipère (pistes, constructions, plantations, aménagements touristiques, brûlages dirigés)
- Veiller à limiter la fermeture de l'habitat (pastoralisme, coupes sélectives), proposer des règles d'utilisation des brûlages dirigés (dates, surfaces…) compatibles avec le maintien de l'espèce.
- Faire appliquer la réglementation existante de protection

Date de publication Titre
12/10/2009 - 10:06 Comité de pilotage NATURA 2000

La prochaine réunion de comité de pilotage du site NATURA 2000 Gorges de la Siagne (FR 9301574) aura lieu le 5 novembre 2009 à St vallier de Thiey à 14h30.
Ordre du jour :
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