*Sources pétrifiantes avec formation de travertins (Cratoneurion)

Caractéristiques: 

Code UE : 7220*
Code Corine : 54.121

Classification: Sources d’eaux dures (Cratoneurion)

*Sources pétrifiantes avec formation de travertins (Cratoneurion)*Sources pétrifiantes avec formation de travertins (Cratoneurion)

Présentation de l’habitat: 

Description et caractéristiques générales
Ces formations végétales des sources et des suintements se développent sur matériaux carbonatés mouillés issus de dépôts actifs de calcaire donnant souvent des tufs (dépôts non consistants) ou des travertins (roche calcaire déposée en lits irréguliers mais denses et à fort pouvoir de cimentage dans l’axe de la rivière).
Le milieu fontis générateur peut être lié à une source ou des résurgences d’eau souterraine, et aux conditions géochimiques des eaux. Son développement peut prendre des aspects assez divers depuis le suintement sur roche avec un mode diffus par taches jusqu’au réseau de petits cours d’eau en passant par des cascades.
Les conditions climatiques stationnaires sont marquées par la constance de l’humidité de l’air et par les températures estivales modérées et clémentes.
La production de tufs calcaires ou de travertins conduit aussi à l’édification de vasques ou de coulées concrétionnées de taille imposante pouvant dépasser 5 à 10m de hauteur.

Répartition géographique
La répartition de cet habitat correspond essentiellement aux zones sédimentaires sur substrats calcaires ou métamorphiques libérant des carbonates. Il est donc observable sur l’ensemble des systèmes montagneux (Pyrénées, Alpes, Jura) ainsi que sur les côtes de Bourgogne et sud Lorraine ; beaucoup plus localisé dans le sud est méditerranéen. En dehors de ces noyaux de localisation, les lieux sont extrêmement dispersés (Causses, Massif Central, Touraine, …) et rares ou exceptionnels en bordure du littoral (Pays de Caux, Nord Pas de Calais) . Dans le secteur planifié, les stations sont très isolées et disposent d’une flore appauvrie.

Espèces caractéristiques
Brachythecium rivulare, Bryum pseudotriquetrum, Eucladium verticillatum, Cratoneuron commutatum, Cratoneuron filicinum, Conocephalum conicum, Adiantum capillus-veneris, Samolus valerandi, Chlora perfoliata, Carex flacca, Molinia caerulea, Schoenus nigricans, Cirsium monspessulanum, Lythrum salicaria, Senecio doria, Pulicaria dysenterica, Carex panicea, Mentha suaveolens, …

Evolution naturelle
Dans l’état actuel des connaissances, il est très difficile de dégager des tendances évolutives globales de ces formations.

Menaces

Leur fragilité est souvent liée à la petitesse des biotopes d’accueil et à la vulnérabilité des conditions écologiques requises pour leur développement.

 La réduction artificielle des débits des sources est à l’origine de la disparition de cet habitat. Un changement dans la composition des eaux (eutrophisation), allié à une élévation de température, entraîne des développements d’algues filamenteuses qui recouvrent alors les mousses, les font dépérir.
 Ces habitats fragiles peuvent être aussi l’objet de dégradations directes liées à une forte fréquentation humaine de leurs abords immédiats. Les travertins peuvent aussi subir des altérations dues aux piétinements ; les prélèvements de matériaux tufeux sont aussi préjudiciables. Enfin, les routes et voies de desserte situées à l’amont hydraulique, ou bien coupant les dépôts, peuvent nuire à leur fonctionnement.

Intérêt patrimonial
Cet habitat complexe abrite de nombreuses espèces très spécialisées et conditionnées par la permanence d’une humidité élevée que l’on ne retrouve pas ailleurs. Même si la répartition de cet habitat couvre de nombreuses régions françaises, et tout particulièrement l’est, le sud ainsi que la Corse, la petitesse des surfaces concernées et les constructions géologiques auxquelles il peut participer font de lui un milieu particulièrement fragile.

Etat à privilégier
Pérenniser l’état de conservation actuel.
Informer les pêcheurs, les adeptes du canyoning sur la sensibilité des milieux pour assurer leur pérennité de manière à éviter leur régression.

Mesures de gestion proposées
Ce type d’habitat de faible dimension occupe des situations marginales, même si son développement s’inscrit au point d’émergence d’un réseau hydrographique qui peut se déployer à l’aval. Sa pérennité dépend essentiellement de la qualité physico-chimique des eaux et de leur débit.
 La gestion de cet habitat s’appuie sur l’exclusion de toute perturbation d’ordre physico-chimique, biologique et structural. La maîtrise et la surveillance de l’amont hydraulique et du réseau qui s’y rattache constituent donc un gage de sauvegarde préventive.
Pour les systèmes à forte édification tufeuse bien visibles et faciles à circonscrire, il s’agit de prendre en compte le complexe tufeux dans sa globalité, depuis la source d’émergence jusqu’au cours d’eau qui lui succède en aval –ce dernier pouvant, ici et là, former des vasques à micro retenues concrétionnées-.
 Maîtriser la surfréquentaion touristique.

Localisation et caractéristiques de l’habitat en Haute Siagne: 

La source pétrifiante, certainement la plus remarquable sur le site, se situe au pont des Tuves, sur la commune de Montauroux. Une autre station remarquable occupe la zone de la chapelle Saint- Jean sur la commune de Saint-Vallier-de-Thiey. Il y en a aussi de nombreuses autres, moins spectaculaires, telles que la source de la Siagne (Escragnolles), la source de la Siagnole de Mons (Mons), la source de le Pare (Escragnolles), la source de la Foux (Saint-Cézaire-sur-Siagne), la source des Veyans (Saint-Cézaire-sur-Siagne).
Cet habitat occupe une toute petite surface dans la partie centrale du site.
L’habitat mis en évidence sur le site est de type sources pétrifiantes, mais aussi la formation de travertins verticaux sur les dénivelés de paroi et le long du cours d’eau et de ses affluents en général, en amont du Pont de la Siagne, doit être mentionnée.
Les zones de tufs et de travertins, et notamment le phénomène des travertins en Siagne, sont liées à l’importance des réservoirs karstiques qui assure la pondération des débits.
Les sources de la Pare, de la Foux et de la Siagnole de Mons ont des débits moyens oscillant entre 0,5 et 0,7m3/s et la source des Veyans a un débit moyen plus élevé, entre 0,9 et 1,1m3/s. La Siagne connaît, grâce à ces résurgences karstiques un étiage réduit.

Les eaux sont riches en calcium, magnésium, sulfates et carbonates qui favorisent la précipitation de la calcite aux confluences et directement autour des exutoires.
 Les tufs : on distingue les tufs de sources présents au niveau et dans l’environnement immédiat des sources de la Pare, de la Siagne, de la Siagnole de Mons, de la Foux et du pont des Tuves. On trouve plusieurs ensembles – les entités à mousses et les entités à hépatiques colonisant les micro secteurs où les eaux circulent de façon souterraine. Au niveau de ces ensembles tufières se rencontrent des espèces des Adiantetea.
 Les travertins : les zones de vasques de sauts, de micro cascades, qui constituent des micro entités sur le cours de la Siagne, présentent de belles zones de travertins qui sont des carbonates quasiment purs dont l’origine est du prioritairement à l’action des cyanobactéries (faciès stromatolithiques) et des diatomées pour l’essentiel et de mousses qui donnent à ce type de dépôt, la structure laminaire.
 Les suintements de falaises et bords de Siagne humides présentent localement des formations tufières moins spectaculaires qu’au niveau des sources tufières. On trouve, à ce niveau, des espèces comme Molinia caerulea, Schoenus nigricans, Cirsium monspessulanum, Lythrum salicaria, entre autres. Ces groupements peuvent aussi se retrouver sur les berges carbonatées de la Siagne et des Siagnole de Mons et d’Escragnolles, là où les eaux s’écoulent plus lentement. On retrouve là, d’ailleurs, Asplenium scolopendrium, espèce patrimoniale, de protection régionale.

Etat de conservation: 

Ce type d’habitat est encore très bien conservé dans toute la vallée supérieure.

Date de publication Titreicone de tri
06/12/2013 - 12:35 1er Comité de Pilotage de l'étude "Diagnostic pour une gestion équilibrée de la ressource en eau du bassin versant de la Siagne"

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08/07/2013 - 16:07 Arrêté de la CLE

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