Grand rhinolophe

Nom: 
Grand rhinolophe
Nom Scientifique: 
Rhinolophus ferrumequinum (Schreber, 1774)
Présentation de l'espèce: 

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Code UE : 1304

Classe : Mammifères
Ordre : Chiroptères,
Famille : Rhinolophidés
Genre : Rhinolophus
Espèce : ferrumequinum

Description et caractéristiques générales

Description
Rhinolophus ferrumequinum est le plus grand des rhinolophes européens avec une taille augmentant de l'ouest vers l'est de l'Europe.
Sa tête et son corps font 5,7 à 7,1 cm ; les avant-bras font 5,4 à 6,1 cm ; l’envergure est de 35 à 40 cm et le poids de 17 à 34 g.
Les oreille font 2 à 2,6 cm de large et se terminent en pointe, dépourvues de tragus.
Appendice nasal caractéristique en fer-à-cheval, appendice supérieur de la selle court et arrondi, appendice inférieur pointu, lancette triangulaire.
Au repos dans la journée et en hibernation, le grand rhinolophe, suspendu à la paroi et enveloppé dans ses ailes, a un aspect caractéristique de cocon.
Son pelage est souple et lâche : face dorsale gris-brun ou gris fumé, plus ou moins teinté de roux (gris cendré chez les jeunes) ; face ventrale gris-blanc à blanc-jaunâtre ; patagium et oreilles gris-brun clair (cas d'albinisme total ou partiel).

Habitat
Le grand rhinolophe fréquente en général les régions chaudes jusqu’à 1480 m d’altitude (voire 2 000 m), les zones karstiques, le bocage, les agglomérations, parcs et jardins... Il recherche les paysages semi-ouverts, à forte diversité d’habitats, formés de boisements de feuillus (30 à 40%), d’herbages en lisière de bois ou bordés de haies, pâturés par des bovins ou des ovins (30 à 40%) et de ripisylves, landes, friches, vergers pâturés, jardins... (30 à 40%). La fréquentation des habitats semble varier selon les saisons et les régions.
Les gîtes d’hibernation sont des cavités naturelles (grottes) ou artificielles (galeries et puits de mines, caves, tunnels, viaducs), souvent souterraines, aux caractéristiques définies : obscurité totale, température comprise entre 5°C et 12°C, rarement moins, hygrométrie supérieure à 96%, ventilation légère, tranquillité garantie.
Gîtes de reproduction variés : les colonies occupent greniers, bâtiments agricoles, vieux moulins, toitures d’églises ou de châteaux, à l’abandon ou entretenus, mais aussi galeries de mine et caves suffisamment chaudes. Des bâtiments près des lieux de chasse servent régulièrement de repos nocturne voire de gîtes complémentaires.

L’espèce est sédentaire (déplacement maximal connu, 180 km). Généralement, 20 à 30 km peuvent séparer les gîtes d’été de ceux d’hiver.
Dès la tombée de la nuit, le grand rhinolophe s’envole directement du gîte diurne vers les zones de chasse en suivant préférentiellement des corridors boisés. Plus la colonie est importante, plus ces zones sont éloignées du gîte (dans un rayon de 2 à 4 km, rarement 10 km). La première phase de chasse est suivie d’une phase de repos dans un gîte nocturne, puis alternent de courtes phases de chasse et des phases de repos. Chez les jeunes, la survie dépend de la richesse en insectes dans un rayon de 1 km. En août, émancipés, ils chassent dans un rayon de 2 à 3 km autour du gîte.
Le vol est lent, papillonnant, avec de brèves glissades, généralement à faible hauteur (30 cm à 6 m). L’espèce évite généralement les espaces ouverts et suit les alignements d’arbres, les haies voûtées et les lisières boisées pour se déplacer ou chasser.
Lors d’un refroidissement, les bois conservent une température supérieure à celle des milieux ouverts. La chasse se concentre donc en sous-bois au printemps et en milieu semi-ouvert à l'automne, seuls milieux où le seuil d'abondance des insectes est atteint.
L'espèce est très fidèle aux gîtes de reproduction et d'hivernage, en particulier les femelles ; les mâles ont un comportement plus erratique.

Reproduction
Maturité sexuelle : femelles, 2 à 3 ans ; mâles, au plus tôt à la fin de la 2ème année.
Rut : copulation de l’automne au printemps. En été, la ségrégation sexuelle semble totale.
Les femelles forment des colonies de reproduction de taille variable (de 20 à près d'un millier d'adultes), parfois associées au rhinolophe euryale ou au murin à oreilles échancrées. De mi-juin à fin juillet, les femelles donnent naissance à un seul jeune qui ouvre les yeux vers le 7ème jour. Avec leur petit, elles sont accrochées isolément ou en groupes serrés. Dès le 28ème-30ème jour, les jeunes apprennent à chasser seuls près du gîte, leur capacité de vol et d’écholocation est réduite. Ils sont sevrés vers 45 jours. Le squelette se développe jusqu’au 60ème jour.

Longévité
30 ans.

Alimentation
Le régime alimentaire varie en fonction des saisons et des pays (aucune étude menée en France). Les femelles et les jeunes ont des régimes alimentaires différents.
Les proies consommées sont des insectes de taille moyenne à grande (1,5 cm), à très grande.
Selon la région, les lépidoptères représentent 30 à 45% (volume relatif), les coléoptères 25 à 40%, les hyménoptères (ichneumidés) 5 à 20%, les diptères (tipulidés et muscoïdés) 10 à 20%, les trichoptères 5 à 10% du régime alimentaire.
En Suisse, l’essentiel de la biomasse est constitué de lépidoptères d’avril à septembre, puis de trichoptères de la mi-septembre au début octobre. Les coléoptères sont capturés surtout en juillet, les tipules en septembre, les hyménoptères régulièrement en toutes saisons. Les chenilles de lépidoptères, ainsi que les syrphidés, arachnidés et opilions sont glanés au sol ou sur la végétation. Parmi les coléoptères, les geotrupes (coléoptères coprophages) sont consommés jusqu’à la mi-mai (90% à la mi-avril), les Melolontha de la mi-avril à la mi-juin, puis les Aphodius de la mi-juin à l’automne.
Activité
Le grand rhinolophe entre en hibernation de septembre/octobre à avril en fonction des conditions climatiques locales.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire
Espèce présente en Europe occidentale, méridionale et centrale, du sud du Pays de Galles et de la Pologne à la Crète et au Maghreb, de la façade atlantique au delta du Danube et aux îles de la mer Egée.
L’espèce est rare et en fort déclin dans le nord-ouest de l’Europe : Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne, Suisse.

En France
Connue dans toutes les régions de France, Corse comprise, et dans les pays limitrophes (Bénélux, Suisse, ouest de l’Allemagne, Espagne, Italie).
Un recensement partiel en 1997 comptabilise 25 760 individus répartis dans 1230 gîtes d’hibernation et environ 8000 dans 196 gîtes d’été. De petites populations subsistent en Picardie, dans le Nord, en Haute-Normandie, en Ile-de-France. L’espèce a atteint en Alsace le seuil d'extinction. La situation de l’espèce est plus favorable dans le Centre, les Ardennes, la Lorraine, la Franche-Comté et la Bourgogne. Même si l’ouest de la France (Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charentes) regroupe encore près de 50% des effectifs hivernaux et 30% des effectifs estivaux, un déclin semble perceptible.

En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Le grand rhinolophe est présent dans tous les départements, notamment dans les zones karstiques, mais avec de faibles effectifs. Bien que régulièrement observée, l'espèce est rare dans la région. Actuellement on compte environs 250 individus en reproduction répartis sur 7 colonies et 500 individus en hivernages répartis sur 52 sites.
L'espèce a fortement régressé sur toute la frange littorale urbanisée. La disparition du pâturage des zones de basse altitude lui a également été préjudiciable.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site.
Le grand rhinolophe est rare dans la région et se localise notamment dans les zones karstiques riches en cavités souterraines, ce qui est le cas en Haute Siagne, elle s’y reproduit probablement.
L’intérêt actuel connu du site réside dans la grotte aux Peintures qui accueille un groupe de plus d’une centaine d’individus en automne.

Distribution détaillée sur le site
L'espèce est présente dans les gorges de la Siagne mais il est possible qu’elle ait disparu de la partie basse du fait de l’urbanisation.
Le grand rhinolophe a été observé dans les 3 cavités suivies en 2000 et 2001 et plus particulièrement dans la grotte aux Peintures de Mons.

Il a également été repéré dans l’aven de Peygros (Mons) et la grotte des Marines (Callian).
Il a été contacté au détecteur dans le Bois des Malines (Saint- Cézaire-sur-Siagne).
Données biologiques pour la conservation
Effectif : Le maximum observé est de 181 individus en automne 2001 à la grotte aux Peintures. Il s’agissait probablement de femelles adultes et de leurs jeunes de l’année.

Structuration spatiale des populations
Inconnue. Les grottes des gorges sont utilisées pour l’hibernation. La reproduction à lieu en une ou plusieurs colonies, dans un rayon de 30 km ( !).

Données démographiques
Inconnues.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexes II et IV.
- Convention de Bonn : Annexe II.
- Convention de Berne : Annexe II.
- Protection nationale : Arrêté modifié du 17.04.1981, JO du 19.05.1981, article 1 modifié (JO du 11.09.1993)).

Diagnostic synthétique: 

Le grand rhinolophe est une espèce rare dans la région qui recherche les paysages semi-ouverts, à forte diversité d’habitats sur une surface réduite, formés de boisements de feuillus et de ripisylves, d’herbages en lisière de bois ou bordés de haies, pâturés par des bovins, voire des ovins. Elle hiberne dans les grottes et se reproduit généralement dans les bâtiments. C'est une espèce typique des paysages d'agriculture traditionnelle en mosaïque.
Le maintien et la reconstitution des populations de grands rhinolophes impliquent la mise en œuvre de mesures concomitantes de protection au niveau des gîtes, des terrains de chasse et des corridors boisés de déplacement.
Lorsqu'il est présent, le pâturage lui fournit un cortège d'insectes coprophages très favorable.

Objectifs de gestion: 

- Protection des gîtes connus.
- Ne connaissant pas de gîtes de reproduction, on ne peut donner que des consignes générales de gestion des habitats de chasse.
Au niveau des terrains de chasse, une gestion du paysage favorable à l'espèce doit être élaborée dans un rayon de 4 à 5 km autour des colonies de mise bas (en priorité dans un rayon de 1 km, zone vitale pour les jeunes qui doivent trouver une biomasse suffisante d’insectes), par des conventions avec les exploitants agricoles ou forestiers.

Mesures complémentaires

Actuellement les connaissances de l'espèce sur le site sont insuffisantes pour permettre d'envisager une préservation durable et efficace. La réalisation d'études complémentaires est donc souhaitable.
Il faut localiser et préserver les colonies de reproduction et d'hivernage.

Date de publication Titre
12/10/2009 - 10:06 Comité de pilotage NATURA 2000

La prochaine réunion de comité de pilotage du site NATURA 2000 Gorges de la Siagne (FR 9301574) aura lieu le 5 novembre 2009 à St vallier de Thiey à 14h30.
Ordre du jour :
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