Minioptère de Schreibers

Nom: 
Minioptère de Schreibers
Nom Scientifique: 
Miniopterus schreibersi (Kuhl, 1817)
Présentation de l'espèce: 

Minioptère de SchreibersMinioptère de Schreibers

Code UE : 1310

Classe : Mammifères
Ordre : Chiroptères
Famille : Vespertilionidés
Genre : Minioptère
Espèce : schreibersi

Description et caractéristiques générales

Description
Le minioptère de Schreibers est un chiroptère de taille moyenne, au front bombé caractéristique.
Tête + corps : (4,8) 5-6,2 cm ; avant-bras : (4,4) 4,55-4,8 cm ; envergure : 30,5-34,2 cm ; poids : 9-16 g.
Oreilles courtes et triangulaires, très écartées avec un petit tragus.
Pelage long sur le dos, dense et court sur la tête, gris-brun à gris cendre sur le dos, plus clair sur le ventre, museau court et clair (quelques cas d'albinisme signalés).
Ailes longues et étroites.

Habitat
C'est une espèce principalement méditerranéenne et strictement cavernicole présente dans les régions aux paysages karstiques riches en grottes, du niveau de la mer jusqu'à l'altitude de 1600 mètres.
Les terrains de chasse sont pratiquement inconnus ; en Corrèze, l'espèce utilise les lisières de bois et les forêts, chassant dans la canopée. Une femelle suivie en Franche-Comté durant trois nuits en 1999 a fréquenté des zones forestières (chênaies, aulnaies...) et quelques milieux ouverts (pâturages, vergers, haies, parcs et jardins).
En hiver, de profondes et spacieuses cavités naturelles ou artificielles, dont les températures, souvent constantes, oscillent de 6,5°C à 8,5°C, sont choisies.
En été, l'espèce s'installe de préférence dans de grandes cavités (voire des anciennes mines ou viaducs) chaudes et humides (température supérieure à 12°C). Certaines cavités, en Catalogne et en Franche-Comté, accueillent des colonies de mise bas malgré une température ambiante comprise entre 8,5°C et 10,5°C.
La fermeture des cavités par des grilles lui est néfaste car son vol peu manœuvrable ne lui permet pas de passer facilement entre les barreaux.

Activité
Parmi les espèces européennes, le minioptère de Schreibers fait partie des rares espèces strictement cavernicoles. Il se déplace généralement sur des distances maximales de 150 km en suivant des routes migratoires saisonnières empruntées d'une année sur l'autre entre ses gîtes d'hiver et d'été (déplacement maximal connu : 350 km). En dépit de ces mouvements, l'espèce peut être considérée comme sédentaire.

L'espèce est très sociable, tant en hibernation qu'en reproduction. Ses rassemblements
comprennent fréquemment plus d'un millier d'individus (de 2000 à 2700 individus au m2). La relative fidélité des individus à un ensemble de gîtes au cours de leur cycle annuel a été démontrée par de nombreux auteurs. Cette philopatrie d'un groupe est bien sûr valable pour les cavités d'hibernation et de maternité, où une proportion importante de la population d'un territoire se rassemble, mais aussi pour les gîtes de transition, où des groupes formés d'effectifs moindres se retrouvent d'une année sur l'autre. L'ensemble de ces caractéristiques laisse supposer une organisation sociale élaborée.
Après la période d'accouplement, les individus se déplacent vers les gîtes d'hiver qui ne sont pas forcément localisés au sud des gîtes d'été. L'arrivée des individus dans ces gîtes est progressive. La période d'hibernation est relativement courte, de décembre à fin février, en fonction des conditions climatiques locales. Lors de cette période, l'espèce a la particularité de se regrouper en essaims de plusieurs milliers d'individus (jusqu'à 80 000 individus) généralement accrochés au plafond des grottes, carrières ou anciennes mines.
A la fin de l'hiver (février-mars), les minioptères abandonnent les sites d'hibernation pour rejoindre tout d'abord les sites de printemps (transit) situés à une distance moyenne de 70 km où mâles et femelles constituent des colonies mixtes. Les femelles les quittent ensuite pour rejoindre les sites de mise bas. Dès le mois de mai, les colonies de parturition sont composées de 50 à 10 000 individus (mâles et femelles), associées quelquefois au grand murin (Myotis myotis), petit murin (Myotis blythii), vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale) ou vespertilion de Capaccini (Myotis capaccinii). Durant la même période, des mâles peuvent former de petites colonies dans d'autres cavités.
Durant les périodes de transit (automnales ou printanières), le minioptère de Schreibers est susceptible de se déplacer vers d'autres régions, créant ainsi des connexions entre de très nombreux gîtes à l'origine d'une métapopulation couvrant probablement une zone allant du Portugal à la Turquie.
Sortant à la nuit tombée (environ 30 mn après le coucher du soleil), le minioptère possède un vol rapide (pouvant atteindre 54 km/h), nerveux, avec de nombreux crochets et d'une agilité remarquable, y compris dans les milieux riches en obstacles. Les individus suivent généralement les linéaires forestiers (par exemple, une route bordée de buissons et d’arbres), empruntant des couloirs parfois étroits au sein de la végétation. Les "routes de vol" peuvent être utilisées par des milliers d'individus pour rejoindre leurs terrains de chasse.
La superficie du territoire de chasse du minioptère de Schreibers est inconnue à l'heure actuelle. Une femelle suivie en Franche-Comté durant trois nuits en 1999 a chassé dans un rayon maximal de 7 km du gîte de mise bas.

Reproduction
Maturité sexuelle des femelles atteinte à 2 ans.
Parade et rut : dans nos régions tempérées, dés la mi-septembre avec un maximum au mois d'octobre. Rassemblements en petits groupes. Cette espèce se distingue des autres espèces de chiroptères européens par une fécondation qui a lieu immédiatement après l'accouplement.
L'implantation de l'embryon est différée à la fin de l'hiver, lors du transit vers les sites de printemps.
La mise-bas a lieu début juin à mi-juin. Les jeunes sont rassemblés en une colonie compacte et rose.
Taux de reproduction et développement : 1 jeune par an (rarement deux), volant à 5-6 semaines (vers la fin juillet).

Longévité
Espérance de vie : inconnue.
Longévité maximale : 19 ans.

Alimentation
D'après la seule étude réalisée en Franche-Comté, les lépidoptères, sur deux sites différents, constituent l’essentiel du régime alimentaire de mai à septembre (en moyenne 84 % du volume). Des invertébrés non volants sont aussi capturés ; des larves de lépidoptères massivement capturés en mai (41,3%) et des arachnides (en octobre, 9,3%). Ce régime alimentaire, très spécialisé, est à rapprocher de celui de la barbastelle.
Un autre type de proies secondaires apparaît : ce sont les diptères (8,1 %), dont les nématocères (notamment les tipulidés, à partir de la fin août) et les brachycères (notamment les muscidés et les cyclorrhaphes, en mai et juin). Les trichoptères, névroptères, coléoptères, hyménoptères, et hétéroptères n'apparaissent que de façon anecdotique.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire
Espèce d'origine tropicale, le minioptère de Schreibers possède une aire de répartition s'étendant du Portugal au Japon. Il est largement répandu d'Europe jusqu'en Chine, Nouvelle-Guinée, Australie et Afrique du Sud (avec la présence de sous-espèces). En Europe, sa répartition est plutôt méditerranéenne avec une limite septentrionale allant de la vallée de la Loire et du Jura en France et aux Tatras en Slovaquie.
En Europe, l'espèce semble encore bien présente dans le sud (Grèce, Bulgarie, Roumanie, Yougoslavie, Italie, Espagne et Portugal) avec de grosses populations dans des cavités. En raison de sa stricte troglophilie, le minioptère de Schreibers reste une espèce menacée et étroitement dépendant d'un nombre de refuges limité, en particulier en période hivernale.

En France
En France, l'espèce est répandue dans la moitié sud du pays avec de grandes disparités en terme de densités. Absente de l’Auvergne et des Alpes internes cristallines, elle remonte à l'ouest jusqu'à la Loire et au nord-est jusqu'en Alsace.
En France, un recensement partiel en 1995 a comptabilisé 211 109 individus répartis dans 45 gîtes d’hibernation et 114 056 dans 95 gîtes d'été.

Certaines régions, comme la Bourgogne, la Franche-Comté, la Provence et Rhône-Alpes, ont vu disparaître des colonies depuis les années 60. En période hivernale, 7 cavités, comptant chacune entre 10 et 50 000 individus, rassemblent près de 85 % de la population hivernale connue.

En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
L'espèce a été observée dans tous les départements mais fréquente principalement des altitudes inférieures à 600 m.
19 cavités connues sont régulièrement fréquentées par l'espèce. Celles-ci sont généralement distantes entre elles d'une vingtaine de kilomètres.
Seule une cavité d'hibernation est connue, dans les Bouches-du-Rhône, et rassemble entre 25000 et 35000 individus selon les hivers. Les 4 colonies de reproduction connues accueillent entre 1000 et 5000 individus ; elles se situent dans le Var et sa périphérie, dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes.
L'espèce a disparu de plusieurs cavités suite à des travaux, des fouilles archéologiques ou une sur fréquentation des gîtes souterrains.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site
Le nombre de cavités fréquentées par cette espèce strictement troglophile est particulièrement réduit (19 connues dans la région) et 3 cavités fréquentées se trouvent dans les gorges. Seules 4 colonies de reproduction sont connues en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Distribution détaillée sur le site
L’espèce est présente dans l’avenc de Montauroux de mars à novembre et dans la Grotte aux Guano en été (mise bas et élevage des jeunes). Des essaims plus ou moins importants ont également été observés dans la grotte aux Peintures de Mons (lorsque la grotte au Guano a été dérangée) et dans la résurgence de la Foux au mois d’août, à l’époque de l’émancipation des jeunes.
Un individu a été contacté en chasse près du barrage de Fond-Besse.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : estimés entre 1000 et 1500 individus

Structuration spatiale des populations
L'espèce, qui se déplace beaucoup, peut être présente sur l'ensemble du territoire, mais plus particulièrement dans les milieux forestiers ou semi-ouverts et dans les zones rupestres.

Données démographiques
Des jeunes ont été observés, ce qui certifie la reproduction de l’espèce sur le site, mais le taux de reproduction n’est pas connu.

Tendances évolutives et potentialités de régénération
Entre 1999 et 2001, au mois de juin, les effectifs de minioptères sont passés de 1500 à 1000 individus sans que l’on ne puisse expliquer cette baisse progressive. En 2002, seuls 500 minioptères ont été observés dans l’avenc de Montauroux. L’année 2002 est une année particulière pour le minioptère car une forte mortalité a été observée dans
l’ouest de la France et sur la péninsule ibérique, et il semblerait que l’espèce ne se soit absolument pas reproduite.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexes II et IV.
- Convention de Bonn : Annexe II.
- Convention de Berne : Annexe II.
- Protection nationale : Arrêté modifié du 17.04.1981, JO du 19.05.1981, article 1 modifié (JO du 11.09.1993).

Diagnostic synthétique: 

Le minioptère de Schreibers est une espèce grégaire strictement cavernicole et méditerranéenne qui occupe un réseau limité de cavités. En région PACA 19 cavités sont connues, chacune jouant un rôle particulier dans la biologie des animaux (transit, reproduction, hivernage). Ce réseau est fréquenté par la même population sur l'ensemble de la région. La préservation de l'unité de ce réseau est donc primordiale pour l'espèce.
Deux cavités majeures pour l’espèce se trouvent dans les gorges de la Siagne et sont fréquentées par 1000 à 1500 individus.
Depuis 1999 on observe une baisse régulière et inquiétante des effectifs reproducteurs présents dans les gorges de la Siagne.

Objectifs de gestion: 

- La protection du minioptère repose principalement sur la protection de ses gîtes. Dans le contexte de la Siagne, il s’agit de la grotte au Guano de Saint-Cézaire-sur-Siagne, de l’avenc de Montauroux, ainsi que la grotte aux Peintures de Mons.
- La fermeture des cavités par des grilles lui est néfaste car son vol, peu manœuvrables, ne lui permet pas de passer facilement les barreaux.

Mesure complémentaires

Intégration de l’avenc de Montauroux au site (grotte actuellement en limite de site) et mise de celle-ci en réserve naturelle.

Date de publication Titre
06/12/2013 - 12:08 2ème réunion de la Commission Locale de l'Eau

La Commission Locale de l'Eau (CLE) s'est réunie le 13 novembre 2013 à Tanneron.

Lors de cette réunion les membres de la CLE ont validé :
- les règles de fonctionnement

- la...

08/07/2013 - 16:23 Installation de la CLE

La Commission Locale de l'Eau a été installée le 11 juin 2013 par le Préfet des Alpes-Maritimes lors d'une réunion en mairie de Peymeinade.
Le collège des collectivités a élu comme Président...

08/07/2013 - 16:07 Arrêté de la CLE

L'arrêté de la composition de la Commission Locale de l'Eau a été validé le 14 mai 2013 et signé par le Préfet des Alpes-Maritimes, M. Christophe MIRMAND.