Saint-Cézaire sur Siagne

Situation: 

Saint-CézaireSaint-CézaireSaint-Cézaire sur Siagne est situé à la limite ouest des Alpes-Maritimes, à une altitude de 475m sur le rebord d’un vaste plateau, coupé à l’ouest par les gorges de la Siagne. Le lit du fleuve Siagne à l’aplomb du village, où les gorges ont plus de 300m de profondeur, est le témoin tourmenté des mouvements géologiques qui affectèrent cette zone au cours des âges.Saint-Cézaire sur Siagne est un village à l’écart de l’agitation de la côte et des grands axes de circulation, c’est ainsi qu’il a pu maintenir l’héritage de son passé.
Logo Saint-CézaireLogo Saint-CézaireSt CézaireSt Cézaire

Antiquite: 

Dès l’âge de la pierre, la Haute Siagne connaissait une activité humaine importante. Des vestiges (monuments mégalithiques, tumulus, enceintes), témoignent de l’existence de groupements humains. Le pays était alors habité par des tribus qui avaient réalisé diverses constructions et les dolmens font partie de cette période préhistorique.La commune de Saint-Cézaire s’étend sur l’emplacement d’une colonie romaine. L’occupation romaine apporta une évolution aux niveaux de l’exploitation agricole, des constructions de route, des aqueducs, des sépultures, des “villae”, etc..
Le Sarcophage:“on a trouvé sur tous les points du territoire et notamment près de grange Rimade et aux Traillières une grande quantité de tombeaux romains; sur l’un d’eux, sculpté avec assez d’élégance et qui sert maintenant d’abreuvoir, se trouve une inscription qui était intacte il y a peu d’années”, description faite par le contrôleur des contributions directes, monsieur Forestier.L’épitaphe du sarcophage, exposé à la chapelle romane Notre-Dame de la Sardaigne, a fait l’objet d’une étude approfondie, effectuée par Melle Laguerre et M. Thiery en 1992. La traduction de l’inscription, apporte une dimension nouvelle et éclaire de façon précise l’importance de la présence d’une aristocratie romaine à Saint-Cézaire.La présence de si hauts personnages pourrait indiquer une fonction importante, militaire ou foncière.St Cézaire: Sarcophage début XXème siècleSt Cézaire: Sarcophage début XXème siècle

Histoire: 

Le début de la féodalité se manifesta par l’apparition de seigneuries, installant leur pouvoir à coté de celui des évêques au nom du Comte de Provence.
Au XIIIe siècle le “Castrum Sancti Cesari” figure dans le registre de Pergamenorum de la ville d’Aix.
Dès le Haut Moyen Age, Saint-Cézaire avait ses seigneurs, dont “Berengarius” cité en 1200, un “Truant d’Esclapon” seigneur du lieu en 1309 et il est fait mention d’un “Donat d’Esclapon” seigneur de St-Cézaire en 1345. Saint-Cézaire fut inféodé en 1412 aux Villeneuve-Flayosc, qui partageaient la seigneurie avec les de Grasse à partir de 1569. Mais en 1718 leurs descendants cédèrent leurs parts à Antoine Cresp dont les successeurs se partagèrent la co-seigneurie avec les Lombard et les Thorame-Théas. Saint-Cézaire était assujetti jusqu’à la Révolution aux contraintes seigneuriales.
Le nom de Saint-Cézaire a pour origine le patronage du grand archevêque d’Arles mais les habitants soucieux de leur origine romaine et du nom de César ont toujours exigés d’être appelés "Césariens et non Césairiens".
St Cézaire: Armes famille CrespSt Cézaire: Armes famille CrespSt Cézaire: Armoirie XVIIème siècleSt Cézaire: Armoirie XVIIème siècle
Devise de Saint-Cézaire: "Zou toujours"
Le premier château dit "Château Vieux", était situé à la Basse rue (actuellement rue St Ferréol). Le deuxième château, dit "château neuf", se situait Place Vieille (actuellement Place de la Liberté) et appartenait à Monsieur Lombard de Gourdon Marquis de Montauroux.
Le troisième château, vraisemblablement la mairie actuelle, correspond au "château seigneurial", cité en 1698 appartenant à "Monsieur de Saint-Cézary", soit à François de Grasse. Son fils vendit en 1718 sa seigneurie et le château à Monsieur Antoine Cresp, puis sera acquit par la commune en 1818.

Le Religieux: 

Un texte de 1013 nous révéle l'existence d'un prieur à Saint-Cézaire au XIIe siècle, et "une église dédiée à Saint-Cézaire est mentionnée dans le cartulaire de Lérins en 1113". Saint-Cézaire-sur-Siagne, "ecclésia de Sancto Césario (1101-1158)", faisait partie de la viguerie et du diocèse de Grasse, mais dépendait en même temps de l'évêque d'Antibes, qui transféra son siège à Grasse en 1166. Certains lieux de culte semblaient liés à la population et aux XIIe et XIIIe siècles, les villages fortifiés et les paroisses allaient de paire. L'ancienne église, aujourd'hui la Chapelle romane Notre-Dame de Sardaigne,fut construite à la fin du XIIe-début XIIIe siècle sur un lieu de culte antérieur. La paroisse existait d'une manière certaine en 1134. En 1363 un lieu de culte fut aménagé dans le village fortifié, peut-être la chapelle Saint-Blaise. Celle ci fut abandonnée vers 1687 mais réparée par la commune pour servir d'hôpital en 1714 et vendue en 1793. Il y avait 7 chapelles à Saint-Cézaire au XVIIIe siècle: N-D de Sardaigne, Saint-Blaise, N-D de l’Annonciation, Saint-Pons, Saint Férréol, N-D de la Miséricorde, Saint-Saturnin et l’église paroissiale construite entre 1714 et 1724.La fête de Saint-Cézaire était célébrée le dernier dimanche d'août et Saint-Férréol a toujours été célébré le 18 septembre. Les villageois se rendaient à la chapelle Saint-Férréol et l'après-midi il y avait bal autour de celle ci, ce même jour se tenait aussi la foire locale.
Les nombreux prieurés et chapelles établis dans la vallée et aux abords de la Siagne témoignaient de la ferveur religieuse des habitants.
St CézaireSt Cézaire St CézaireSt Cézaire

Le village: 

Les romains laissèrent un certain nombre de traces qui permettent de situer une partie de l'habitat de cette époque. Cet habitat était très dispersé et s'étendait du nord des Mauvans, jusqu'à hauteur de Camp Long, sans s'étendre beaucoup vers l'est.Une première renaissance se manifesta au XIe siècle et les habitants des villages organisaient certainement eux même leur communauté pour la gestion de leurs affaires et la défense de leurs intérêts. Après la grande peste et les guerres, Saint-Cézaire n'a pas été totalement déserté et la population en partie dispersée au milieu de domaines, se regroupa dans le village et l'entoura de maisons-rempart.A la fin du XVe siècle, de nouveaux
"actes d'habitation" ont été octroyés aux communes qui ont survécues à cette époque très difficile qui s'est étendue de 1348 à 1470.La population se décomptait en “feux”(1feu=1famille de 4 à 8 personnes environ). En 1474, vivaient 30 à 40 familles à Saint-Cézaire et le conseil de la communauté se réunissait “en plein vent”, place de la Tour. En 1504, la population dépassait les 500 habitants et le village fortifié contenait 88 maisons, c’est à cette époque que l’on construisit “hors des murs”. En 1609 le village était composé de 100 maisons abritant 300 personnes et la population atteindra 929 habitants en 1695 dans 224 maisons. A la fin de ce siècle, Saint-Cézaire possédait une hôtellerie et une tuilerie était implantée dans le pays depuis 1660. Après la tourmente révolutionnaire,le village changea d'aspect,2chapelles sont détruites,la rue de la Gazette prenait sa physionomie actuelle mais le boulevard Courmes
n'existait pas. Durant le XIXe siècle, le village se développe, les maisons s'alignent au nord et au sud-est du village fortifié. En 1750, on dénombrait 1097 habitants, en 1940, 800 habitants et aujourd'hui, plus de 3000 personnes résident à Saint-Cézaire.
St CézaireSt CézaireVue générale Saint-CézaireVue générale Saint-Cézaire

Le terroir: 

“Huit mille ans d’histoire sont gravés dans la terre depuis les derniers chasseurs de la préhistoire jusqu’aux derniers agriculteurs et éleveurs d’aujourd’hui. Tous ont laissé des centaines de traces encore visibles à chaque pas dans cette campagne”.
La puissante abbaye de Lérins avait la charge de la paroisse de Saint-Cézaire et les moines installés là défrichèrent des terres et développèrent les cultures et l'élevage. "Une partie du terroir agrégée de bois fut réservée pour la jouissance en commun du seigneur et de tous les habitants,appelé le "Devens" (ou défens). La renaissance des campagnes se situe vers 1500 et la principale culture était le blé.
Les cultures de vigne et d'olivier pourraient dater des romains.Saint-Cézaire cultivait aussi figuiers, céréales, divers fruits et quelques cultures maraîchères.
Déjà au XIe siècle, Pons Aldebert abbé de Lérins, achetait la “dîme du vin” de la “Maison de Saint-Cézaire”. Si en 1609 les habitants trouvaient leur vin agréable, l’appréciation du contrôleur du cadastre en 1820 était différente puisqu’il estime “que le vin récolté dans ce pays est de très mauvaise qualité”. La culture du blé représentait une assurance contre la famine et conserva son importance jusqu’au début du XXe siècle. Les habitants apportaient un soin particulier au blé, en le lavant et en le séchant, méthode employée en Provence. L'absence d'eau empêchait la création de jardins mais en 1820 en bord de Siagne "des terres arrosables" étaient très recherchées et d'un prix très élevé. La ville de Grasse suscitait l'activité dans tout le pays pour les besoins des tanneries et des fabriques de parfum.
Il reste de l'époque de l'élevage des vers à soie, les mûriers et dans les anciennes chênaies on trouve parfois des "truffes", essais de culture intensive au XIXe siècle.L'abandon du milieu rural va s'accentuer jusqu'au début du XXe siècle pour aboutir à un abandon complet après la deuxième guerre mondiale.
St CézaireSt Cézaire

Les voies de communication: 

Toutes les époques ont contribué à la formation du réseau de communication et quel que soit leur dénomination “voie, piste, sentier, chemin (pour hommes) draille, carraire (pour animaux)”, on remarque la volonté d’établir le contact pour échanger et commercer. A l’intérieur du vieux village, les chemins menaient aux deux seules portes qui existaient au moyen-âge. A l’emplacement du village actuel se situait la convergence des chemins venant de Grasse, du pont de Tournon, de Saint-Vallier, de Callian, de Montauroux et de Mons. La voie médiévale passait au pont de Tournon ensuite gravissait la rampe de “Font du Roure” commune de Saint-Cézaire. L’ancien chemin des “Fondudes”, qui passait probablement sur le pont dit “romain”, le cadastre de 1820 parlant “d’un grand chemin taillé dans le roc”, menait directement à Callian. Le pont reliant Saint-Cézaire à Montauroux, dit “des Gabres” à Saint-Cézaire et “des Tuves” à Montauroux, fut construit en 1802. Le chemin allant à Mons traversait la rivière au pont des Tirasses.
En 1890 une brèche fut ouverte (le Percement) dans l'enceinte du vieux village afin que les voitures puissent pénétrer dans l'ancienne cours du château et atteindre la place vieille où fut planté en 1848 l'arbre de la Liberté. C'était la première fois depuis le XVe siècle que cette enceinte fut retouchée.St Cézaire: CaladeSt Cézaire: CaladeSt Cézaire: Pont des Gabres ou des TuvesSt Cézaire: Pont des Gabres ou des Tuves

Les moulins: 

Les moulins appartenaient de droit aux seigneurs du lieu et les habitants devaient sans restriction, y détriter leurs olives contre une redevance. La récolte des olives n'était pas taxée mais le droit de mouture l'était.En 1609, il n’existait qu’un moulin à huile à Saint-Cézaire et il appartenait à la famille de Grasse. Il était mû par la force animale,moulin à sang, installé dans les caves du “vieux château”. En 1647, le seigneur de Gourdon, coseigneur de Saint-Cézaire, fit construire un autre moulin à sang, en 1682
le Baron de Barrême fit de même, il s’agissait d’un moulin à huile. En 1723, il existait trois moulins, qui servaient à détriter les olives, un à eau, en bord de Siagne, et les deux autres à sang dans le village. Le moulin, dit “Issaurat”, était situé au quartier des moulins sur la rive gauche de la Siagne, appartenant à M. Jacques Maure, qui l’avait acquis de Noble Cresp, seigneur de Saint-Cézaire, et l’avait cédé à Paul Issaurat en 1887. Le moulin au quartier des Gabres, construit par M.Maure, fut signalé en “ruine” en 1852. La commune, en 1820, possédait 4 moulins à huile et 1 à farine, tous situés en bord de Siagne. En 1835, il existait 2 moulins à papier, plusieurs moulins à farine, et plusieurs pressoirs à huile. En 1860, la situation était différente au point de vue industriel, les papeteries disparaissaient mais les moulins à farine et à huile eurent beaucoup de travail. Les moulins de la Siagne furent abandonnés en 1909, remplacés par des moulins utilisant l’énergie électrique.
La coopérative de Saint-Cézaire fut fondée en 1924 dans l'ancien moulin à farine et à huile appartenant à la famille Camatte qui l'avait fait édifier en 1907. La fête de l'olive a toujours le même succès dans le pays.St Cézaire: Pressoirs à ChapelleSt Cézaire: Pressoirs à ChapelleSt Cézaire: Cadastre XIXème siècleSt Cézaire: Cadastre XIXème siècle

L'eau: 

Les Saint-Cézariens, qui depuis des siècles, voyaient la Siagne coulée au pied du village, ne rêvaient que de faire monter cette eau jusqu’à eux. "Ils n’avaient que les mulets pour cette tache, mais la peine était immense". Des puits et des citernes ont été creusés un peu partout dans la campagne à plusieurs époques et il en reste encore beaucoup. Les lavoirs sont au nombre de 6 et il y a une quinzaine de fontaines. Les puits les plus connus sont nommés "Puits de la Vierge" ou "Puits Romains". On ne sait à quelle date exacte remonte la construction des premiers puits. Actuellement ils sont au nombre de 9, dont 4 couverts et les autres au ras du sol. L'abbé Meyronnet, écrit en 1962, qu'il en existait 2 avant 1505 et le cadastre de 1820 en montre 6, déjà cités en 1783, et signale que les trois puits couverts sont nommés différemment.
En 1868 est créé le canal de la Siagne, conduisant son eau jusqu’à Cannes. L’installation d’une “machine élévatoire” a permis de faire monter l’eau dans un réservoir. Et cette eau coulant des fontaines du Luquet et des Mulets, le 8 novembre 1868, fit pleurer de joie et d’émotion les habitants du village. Cette réalisation a pu se faire grâce à l’aide du Docteur Maure, qui fut un “mécène” pour le développement de Saint-Cézaire-sur-Siagne. Avec la construction de l'usine électrique, Saint-Cézaire fut une des premières communes de la région à bénéficier de l'électricité en 1907.
"On a oublié que le prix de l'eau dans le temps se payait en courage et obstination, il fallait aller la chercher journellement par des chemins très difficiles et ardus".St Cézaire: Font d'AmicSt Cézaire: Font d'AmicSt Cézaire: Près usine électriqueSt Cézaire: Près usine électriqueSt Cézaire: Puits de la Vierge ou RomainsSt Cézaire: Puits de la Vierge ou Romains

Les souvenirs: 

Quelques vues d'antan...
St Cézaire: Bal, Yvonne et MarcelSt Cézaire: Bal, Yvonne et MarcelSt Cézaire: Groupe usine 1900St Cézaire: Groupe usine 1900St Cézaire: Epicerie BonhommeSt Cézaire: Epicerie BonhommeSt Cézaire: Fête 19028St Cézaire: Bd. CourmesSt Cézaire: Bd. CourmesSt Cézaire: Entée village coté St VallierSt Cézaire: Entée village coté St Vallier

Date de publication Titre
27/06/2013 - 13:01 Sorties scolaires

Afin de transmettre la connaissance du patrimoine de la haute Siagne, le SIIVU organise des sorties scolaires....

13/01/2012 - 16:03 Ouvrage patrimoine

L'ouvrage sur le patrimoine local des communes de la haute Siagne vient de paraître. Il est en vente au siège du SIIVU ainsi qu'en Offices du Tourisme....

22/03/2011 - 15:35 Le SAGE

Le lancement de la concertation sur le périmètre du SAGE Siagne a débuté début février. Les communes du bassin versant de la Siagne, les conseils généraux du Var et des Alpes-maritimes, le Conseil...