Murin de Bechstein

Nom: 
Murin de Bechstein
Nom Scientifique: 
Myotis bechsteini (Kuhl, 1818)
Présentation de l'espèce: 

Murin de BechsteinMurin de Bechstein

Code UE : 1323

Synonyme : Vespertilion de Bechstein
Classe : Mammifères,
Ordre : Chiroptères
Famille : Vespertilionidés
Genre : Myotis
Espèce : bechsteini

Description et caractéristiques générales

Description
Myotis bechsteini est un chiroptère de taille moyenne. Sa tête et son corps font 4,5 à 5,5 cm de long ; les avant-bras font 3,9 à 4,7 cm de long ; son envergure est de 25 à 30 cm et son poids de 7 à 12g.
Oreilles caractéristiques : très longues et assez larges, non soudées à la base, dépassant largement le museau sur un animal au repos.
Son pelage est relativement long, brun clair à brun roussâtre sur le dos, blanc sur le ventre, le museau est rose.

Habitat
Le murin de Bechstein est présent jusqu'à 1 400 mètres d'altitude.
Il semble marquer une préférence pour les forêts de feuillus âgées (100 à 120 ans) à sous-bois dense avec la présence de ruisseaux, mares ou étangs dans lesquels il exploite l'ensemble des proies disponibles sur le feuillage. Cette espèce peut également exploiter la strate herbacée des milieux forestiers ouverts tels que les clairières, les parcelles en début de régénération et les allées forestières, voire les prairies à proximité des forêts.La présence d'un nombre relativement important (entre 25 et 50) de cavités naturelles dans les arbres est indispensable à l'espèce pour gîter et se reproduire, car les femelles changent tous les 1 à 3 jours de gîte.
Cette espèce utilise plusieurs gîtes diurnes situés à moins de 1 kilomètre les uns des autres.
Le vespertilion de Bechstein semble hiberner dans les arbres. Il est rarement observé en milieux souterrains (galeries et puits de mines, caves, tunnels, viaducs) en période hivernale : le plus souvent isolé dans ces sites à température comprise entre 3°C et 12°C et ayant une hygrométrie supérieure à 98 %. L’espèce s’enfonce en profondeur dans les fissures devenant invisible à l’observateur.
Les habitats de l'Annexe I susceptibles d'être concernés sont notamment : les grottes (83.10), les vieilles forêts de feuillus mentionnées sous la rubrique "Forêts de l'Europe tempérée" ou des forêts à caractère plus méditerranéen telles que les forêts galeries à Salix alba et Populus alba. Ainsi que les prairies humides semi-naturelles à hautes herbes et les pelouses mésophiles.
Sur la montagne de l'Audibergue, dans la continuité du site, il a été capturé en entrée de cavités souterraines dans une futaie de pins sylvestres.

Activité
Il entre en hibernation de septembre/octobre à avril en fonction des conditions climatiques locales.
Il semble relativement sédentaire (déplacement maximal connu : 35 km).
Sortant à la nuit tombée, le vol est lent, papillonnant, très manœuvrable et généralement à faible hauteur (30 cm à 5 m). L’espèce paraît très agile dans les espaces restreints et se déplace aisément dans des milieux encombrés.
Le murin de Bechstein chasse dans l’environnement immédiat ou à proximité de son gîte diurne (200 m à 2 km) essentiellement par glanage et d'un vol papillonnant depuis le sol à la canopée, parfois à l'affût.
La superficie du territoire de chasse (forêts et habitats humides) est comprise entre 15 hectares et 30 hectares par individu.

Reproduction
Age de la maturité sexuelle inconnu.
Parade et rut : octobre/novembre et printemps, accouplements observés en hibernation.
Mise bas : fin juin/début juillet. Les colonies sont composées de 10 à 40 femelles changeant régulièrement de gîtes diurnes. A cette époque, les mâles sont généralement solitaires.
Taux de reproduction : 1 jeune par an, volant dans la 1ère quinzaine d'août.

Longévité
Longévité maximum observée : 21 ans.

Alimentation
Le régime alimentaire est constitué par un large spectre d'arthropodes, essentiellement forestiers, d'une taille moyenne de 10,9 mm (3 à 26 mm).
Les diptères (76,5-87% d'occurrence) et les lépidoptères (52,9-89,3% d'occurrence), et dans une moindre mesure les névroptères (46% d'occurrence), représentent une part prépondérante de l'alimentation. Seuls ces ordres sont composés majoritairement d'insectes volants.
Les proies secondaires les plus notées sont capturées au sol ou sur le feuillage des arbres : coléoptères, opilions, araignées, chilopodes, dermaptères, chenilles...

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

L'état et l'importance des populations du vespertilion de Bechstein sont mal connus en raison des mœurs forestières de l'espèce.

Sur l’ensemble de son aire
Le murin de Bechstein est présent en Europe de l'ouest des régions chaudes à tempérées : du sud de l'Angleterre et de la Suède jusqu'en Espagne et en Italie ; limite orientale de son aire de répartition en Roumanie.
En Europe, l'espèce semble bien présente, sans toutefois être nulle part abondante, en Allemagne, Autriche, France (excepté le sud), République tchèque et Slovaquie.

Les populations semblent, par contre, faibles ou cantonnées dans le sud de l'Angleterre, en déclin aux Pays-Bas et dans le sud de la Pologne. Il est très rare en Italie, Espagne, Hongrie, Roumanie, et les pays balkaniques sans qu’une tendance évolutive ne soit connue.

En France
En France, cette espèce est rencontrée dans la plupart des départements. Elle semble très rare en bordure méditerranéenne et en Corse. Des effectifs plus importants se rencontrent dans l'ouest de la France (Bretagne, Pays de Loire et Région Centre).
En période estivale, les connaissances sont encore plus faibles et partielles. Dans beaucoup de régions, aucune colonie de mise bas n’est connue.

En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Dans la région, les observations de l'espèce sont rares et localisées. Elle n'a été observée récemment que dans le Var (massif de la Sainte- Baume, massif des Maures, moyen Var et gorges de la Siagne) et dans les Alpes-Maritimes (montagne de l'Audibergue et forêt de Clans).
En 1998 de nombreux animaux ont été observés sur la montagne de l'Audibergue, ce qui laisse à penser qu'un noyau de population occupe l'arrière pays de Grasse.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site.
Le site est à proximité immédiate de la montagne de l’audibergue qui est la zone de plus forte concentration en murinsde Bechstein que l'on ait observés et capturés dans la région. Il est situé juste à 500m à l'est de la zone. L’espèce est présente sur le site de la Siagne avec des effectifs non négligeables vraisemblablement bien que lors des prospections quelques individus seulement aient été observés. En 1998, 20 individus ont été capturés près de la station de skis de l'Audibergue à l'entrée de grottes, dans une futaie de pins sylvestres (1350 m). Il s'agissait principalement de mâles en estivage. Les colonies de reproduction sont à rechercher plus bas en altitude.

Distribution détaillée sur le site
Un individu a été capturé à l’entrée de la grotte aux Peintures en 1998, un autre aux sources de la Siagne en 1999.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : inconnus.

Structuration spatiale des populations
Inconnue.

Données démographiques
Inconnues.

Tendances évolutives et potentialités de régénération
Compte tenu de la méconnaissance de l'espèce sur le site, les tendances évolutives sur le site sont méconnues.
L'espèce étant liée aux milieux forestiers âgés, les potentialités de son maintien sur le site dépendent principalement de la gestion forestière.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats: Annexes II et IV.
- Convention de Bonn: Annexe II.
- Convention de Berne: Annexe II.
- Protection nationale : Arrêté modifié du 17.04.1981, JO du 19.05.1981, article 1 modifié JO du 11.09.1993).

Diagnostic synthétique: 

Le murin de Bechstein est une espèce essentiellement forestière, qui marque une préférence pour les forêts âgées aux sous bois dense.
C’est une espèce très discrète et rare dans la région. Elle a été capturée deux fois sur le site.

Objectifs de gestion: 

- Conservation de peuplements forestiers âgés à sous étages buissonnants et préservation de nombreux arbres creux, morts ou sénescents (résineux comme feuillus). Diversifier les peuplements monospécifiques s'il en existe.
- Tendre vers une futaie irrégulière par bouquets en fragmentant spatialement les surfaces de régénération tout en maintenant une mosaïque de milieux ouverts.

Mesure complémentaires

- Actuellement les connaissances de l'espèce sur le site sont insuffisantes pour permettre d'envisager une préservation durable et efficace. La réalisation d'études complémentaires est donc souhaitable.
- Recherche des secteurs les plus potentiels à l’espèce à partir des cartographies d’habitats et d’une analyse de terrain qui permettrait de définir des secteurs forestiers les plus favorables à protéger (convention, réserve).

Date de publication Titre
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