Murin de Capaccini

Nom: 
Murin de Capaccini
Nom Scientifique: 
Myotis capaccinii (Bonaparte, 1837)
Présentation de l'espèce: 

Murin de CapacciniMurin de Capaccini

Code UE : 1316

Synonyme : Vespertilion de Capaccini
Classe : Mammifères
Ordre : Chiroptères
Famille : Vespertilionidés
Genre : Myotis
Espèce : capaccinii

Description et caractéristiques générales

Description
Chiroptère du Paléarctique occidental de taille moyenne.
Mensurations prises sur des individus vivant au sud de la France et de la Corse : tête et le corps font 4,7 à 5,2 cm ; les avant-bras font 3,7 à 4,3 cm ; l’envergure est de 23 à 26 cm et le poids est de 7,5 à 12 g.
L'uropatagium et les tibias sont abondamment velus sur les deux faces.
Myotis capaccinii est l’espèce européenne qui, proportionnellement au corps, possède les plus grands pieds munis de longues griffes et de soies.
Le pelage dorsal est gris cendré, clair et soyeux, plus foncé et nuancé de brun chez les jeunes. La couleur du pelage ventral va du blanc pur au blanc jaunâtre.
Les oreilles et le patagium sont de couleur gris-brunâtre plus ou moins foncé.
Les femelles sont plus grandes que les mâles.

Habitat
Le gîte du murin de Capaccini est généralement cavernicole (grottes, anciennes mines, ...), situé à proximité d'une surface d'eau libre, notamment en période estivale. En effet, il chasse régulièrement au-dessus des rivières, des étangs ou des lacs.
En léthargie, le murin de Capaccini supporte des températures ambiantes de l'ordre de 2°C jusqu’à 8°C. Les animaux s'enfoncent dans des fissures de roche ou s'accrochent simplement à la paroi, seuls ou en essaims plus ou moins importants. Dans les régions aux hivers peu rigoureux (températures nocturnes extérieures de l'ordre de 5°C), il n'est pas rare de voir des individus actifs la nuit. L'observation d'essaims mixtes d'hibernation est peu fréquente chez cette espèce. En effet, les exigences thermiques (température ambiante) du site d'hibernation du murin de Capaccini se situent entre 4 et 6,2°C, tandis qu'elles seraient supérieures (vers 8°C) pour le minioptère de Schreibers.

Activité
Mars à juin : ségrégation sexuelle. Activité de gestation et d'élevage des jeunes pour les femelles qui forment des essaims avec d'autres espèces cavernicoles. Les femelles laissent les jeunes dans le gîte lors de leurs sorties nocturnes. Les mâles sont le plus souvent dispersés dans d'autres sites ou forment des petits groupes mobiles.

Juillet à novembre : dispersion de l'essaim de reproduction, en particulier des jeunes. Formation de groupes unisexués d'adultes.
L’espèce semble plutôt sédentaire, mais certains individus sont capables de réaliser des trajets de 45 km. Selon les saisons, les animaux semblent se déplacer d'un gîte à un autre.
Décembre à février : accouplements et hibernation dans le cas où le climat l'impose (en général, l'hibernation est entrecoupée de phases d’activité).
En dehors de l'hibernation stricte, des individus isolés ou en nombre peuvent s'observer dans des groupes d'autres espèces de chiroptères cavernicoles. Le murin de Capaccini semble, lorsqu'il est en activité, être régulièrement lié à la présence d'autres espèces de chiroptères, en particulier lors de la mise bas.
En France, au cours des mois de décembre et janvier, les murins de Capaccini se tiennent isolés ou en petits essaims d'une vingtaine d'individus dans des cavités, fissures, tunnels, mines ... mais, dans des régions de l'est de l'Europe à hiver rigoureux, ils peuvent former de grands essaims monospécifiques jusqu’à 15 000 individus.
Le rayon d'action nocturne est très peu connu. Courtois (1998) a observé des jeunes chassant à 2 km du site où ils sont nés. Sur une rivière de Corse, le même auteur a capturé un mâle à 5 km en aval du gîte où il avait été capturé la veille (Courtois, comm. pers.). Mais l'espèce peut très probablement chasser à une plus grande distance du gîte.

Reproduction
Maturité sexuelle : inconnue.
Activité sexuelle : la spermatogenèse débute en fin d’été et se poursuit probablement tout l'hiver.
Les femelles, ainsi que des mâles immatures, se réunissent courant avril dans le site de parturition. Les essaims de parturition comptent de quelques individus à plus de 1 000, voire même 10 000 individus pour un site en Albanie.
La mise bas débute vers le 20 mai et se poursuit durant environ une semaine. Précoce, elle intervient environ 10 à 15 jours avant le minioptère de Schreibers et le grand murin avec lesquels il forme des essaims mixtes. La femelle met au monde un seul petit, très exceptionnellement deux.
4 à 5 semaines après leur naissance, les jeunes prennent leur envol.
La mise bas et l'élevage des jeunes par les femelles ont lieu dans des cavités souterraines où se reproduisent d'autres espèces de chiroptères. Les groupes sont alors mixtes, avec le minioptère de Schreibers, grand murin, petit murin (Myotis blythii), plus ponctuellement avec le rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale). Un seul cas d'essaim mixte avec le vespertilion de Daubenton est connu au lac de Côme en Italie (Fornasari, comm. pers.).

Longévité
Espérance de vie inconnue.

Alimentation
Selon Médard et Guibert (1992), le murin de Capaccini capture principalement des insectes de taille petite à moyenne (trichoptères, chironomidés et culicidés) liés aux milieux aquatiques. Mais on ne peut exclure que l’espèce chasse dans d'autres milieux comme des forêts, des prairies ou des phragmitaies.

Kalko (1990) a détaillé la technique de chasse de l’espèce qui capture ses proies à la surface d'eau libre à l'aide de son uropatagium et de ses pattes.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire
Le murin de Capaccini a une distribution méditerranéenne avec des extensions dans les plaines de Bulgarie et de Roumanie. Il est aussi présent au Moyen-Orient, de la Méditerranée jusqu'en Iran. On retrouve l’espèce en Italie dans la région de Florence et dans le nord de la plaine du Pô, le lac de Côme, le lac de Garde.

En France
En France, l’espèce se rencontre, du niveau de la mer jusqu'à 600 m d'altitude, dans les départements du pourtour méditerranéen. En régression dans toute la région méditerranéenne continentale tant en aire qu'en effectif. Cette espèce, possède une bonne population en Corse (ROUE, 1997) et dans le Var.

En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
L’espèce était autrefois commune dans les départements côtiers.
Elle a pratiquement disparu des Bouches-du-Rhône où subsiste un petit noyau sur l’étang de Berre. Dans les Alpes-Maritimes, le murin de Capaccini était autrefois présent sur le Loup (ANCIAUX DE FAVEAUX, 1952) mais il semble aujourd’hui avoir disparu. D’importantes populations subsistent dans les bassins versants de l’Argens (Var), du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) et de la Siagne (Var et Alpes-Maritimes).

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site.
Les gorges de la Siagne accueillent la seule colonie de reproduction connue dans les Alpes-Maritimes. En France, c’est la population la plus orientale. Une étude génétique réalisée sur cette espèce a révélé que la population du bassin de la Siagne présentait des particularités propres par rapport au reste de la Provence et de la Corse et une diversité génétique plus importante (COSSON et al, 2002). Ces spécificités génétiques démontrent la grande valeur biologique et patrimoniale de cette population relativement isolée. Sa conservation est donc essentielle.
Le suivi de ces populations réalisé depuis 1999 dans le cadre du Plan de Restauration National des Chiroptères s’est achevé en 2003. Un dénombrement annuel des jeunes a donc été réalisé dans la Siagne (ainsi que sur 3 autres sites du Var et des Alpes-de-Haute-Provence).

Distribution détaillée sur le site
Le murin de Capaccini a été observé dans la grotte au Guano de Saint-Cézaire-sur-Siagne et dans l’Avenc de Montauroux, qui sont deux cavités de mises bas, probablement de la même population. Il a également été observé dans la grotte aux Peintures de Mons, capturé à l’entrée de la résurgence de la Foux et sur le barrage de Fond- Besse.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : le suivi de la mise bas réalisé depuis 1999 a permis d’observer au maximum 280 jeunes. En fonction de ces résultats, on évalue grossièrement la population autour de 1000 individus (+/- 300 individus).

Structuration spatiale des populations
Les suivis réalisés depuis 1996 permettent d’entrevoir le mode d’occupation des grottes par les animaux.
Aux mois d’avril et mai un essaim d’environ 800 individus est présent dans l’Avenc de Montauroux.
Fin mai, généralement les animaux quittent l’Avenc pour aller mettre bas dans la grotte au Guano. Cependant, en 2002, la moitié des animaux est restée à l’Avenc pour la mise bas.
En juillet et août les animaux sont dans les grottes les moins dérangées. La grotte aux Peintures sert de site de repli pour les jeunes en cas de perturbation de la grotte au Guano.
A partir de fin août, une partie des animaux est à l’Avenc et l’autre partie est dans un site inconnu.
On ignore tout de l’hibernation.
O ignore encore si le murin de Capaccini fréquente la partie aval du cours d’eau.

Données démographiques :
Suivi de la mise bas depuis 1999
Grotte au Guano Avenc de Montauroux Total
1999 180 ? 180
2000 280 0 280
2001 250 0 250
2002 120 140 260

Tendances évolutives et potentialités de régénération
Au cours du suivi réalisé entre 1999 et 2002, la population est restée stable.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexes II et IV.
- Convention de Bonn : Annexe II.
- Convention de Berne : Annexe II.
- Protection nationale : Arrête modifié du 17.04.1981, JO du 19.05.1981, article 1 modifié (JO du 11.09.1993)).

Diagnostic synthétique: 

Le murin de Capaccini est une espèce cavernicole méditerranéenne, qui s’alimente sur les cours d’eau de basse altitude. La région PACA accueille les plus importantes populations au niveau national. Les colonies ont été suivies dans le cadre du Plan de Restauration National des Chiroptères jusqu’en 2003.
Dans les gorges de la Siagne, la population utilise la grotte au Guano de Saint-Cézaire-sur-Siagne et l’Avenc de Montauroux pour la mise-bas et l’élevage des jeunes. Cette population est estimée à environ un millier d’individus et présente des caractéristiques génétiques propres par rapport au reste de la Provence.

Objectifs de gestion: 

- Protection des cavités utilisées par les chauves-souris.
- Préservation de la qualité de l’eau et des habitats alluviaux.
- Réouverture de la résurgence de la Siagnole de Mons pour les chauves-souris.
- Poursuite du suivi scientifique de la reproduction.

Mesure complémentaires

- Intégration nécessaire de l’Avenc de Montauroux au site (grotte actuellement en limite de site et mise de celle-ci en réserve naturelle.
- Etudes complémentaires : étude des territoires de chasse fréquentés par l’espèce, notamment en basse Siagne.
- Recherche des gîtes cavernicoles d’hiver et d’inter-saison.
- Mise en réserves naturelles des trois grottes principales leurs servant de gîtes.

Date de publication Titre
27/06/2013 - 13:01 Sorties scolaires

Afin de transmettre la connaissance du patrimoine de la haute Siagne, le SIIVU organise des sorties scolaires....

13/01/2012 - 16:03 Ouvrage patrimoine

L'ouvrage sur le patrimoine local des communes de la haute Siagne vient de paraître. Il est en vente au siège du SIIVU ainsi qu'en Offices du Tourisme....

22/03/2011 - 15:35 Le SAGE

Le lancement de la concertation sur le périmètre du SAGE Siagne a débuté début février. Les communes du bassin versant de la Siagne, les conseils généraux du Var et des Alpes-maritimes, le Conseil...