Petit rhinolophe

Nom: 
Petit rhinolophe
Nom Scientifique: 
Rhinolophus hipposideros (Bechstein, 1800)
Présentation de l'espèce: 

Petit rhinolophePetit rhinolophe

Code UE : 1303

Classe : Mammifères
Ordre : Chiroptères
Famille : Rhinolophidés
Genre : Rhinolophus
Espèce : hipposideros

Description et caractéristiques générales

Description
Rhinolophus hipposideros est le plus petit des rhinolophes européens (5 espèces).
Envergure : 19,2 à 25,4 cm ; avant-bras : 7 à 4,5 cm ; poids : 5,6 à 9 g.
Appendice nasal caractéristique en fer à cheval, oreille dépourvue de tragus.
Au repos et en hibernation, le petit rhinolophe se suspend dans le vide et s'enveloppe complètement dans ses ailes, ressemblant ainsi à un "petit sac noir pendu".

Habitat
L'espèce se rencontre de la plaine jusqu'en montagne. Elle est notée en chasse à 1510 m dans les Alpes (atteint 2000 m) et des colonies de mise bas sont présentes jusqu'à 1200-1450 m dans le sud des Alpes (Parc National du Mercantour) et 1050 m dans les Pyrénées. Du fait de sa faible capacité volière et d'une écholocation à faible portée (jusqu'à 4 m), les gîtes de mise bas sont proches de milieux riches en insectes.
Le petit rhinolophe recherche les paysages semi-ouverts où alternent bocage et forêts avec des corridors boisés dont la continuité est importante car une rupture de 10 m semble être rédhibitoire. La présence de milieux humides (rivières, étangs…) est une constante, notamment pour les colonies de mise bas qui y trouvent l'abondance de proies nécessaires à la gestation des femelles et à l'élevage des jeunes.
Les habitats de l'Annexe I susceptibles d'être concernés sont donc les paysages hétérogènes semi-ouverts, formés de boisements de feuillus, de prairies pâturées ou de fauche en lisière de bois ou bordées de haies, de ripisylves, de landes, de friches, de vergers. L'association boisements rivulaires et pâtures semble former un des habitats préférentiels.
Les gîtes de reproduction sont principalement les combles, les caves de bâtiments (maisons, fermes, granges, églises, châteaux, moulins, forts militaires…). Au sud de son aire de répartition, il utilise aussi les cavités naturelles ou les mines.
Les gîtes d'hibernation sont exclusivement des cavités naturelles ou artificielles (galeries et puits de mines, caves, tunnels, viaducs, forts militaires, blockhaus).

Activité
Comme tous les chiroptères européens, ce rhinolophidé repère obstacles et proies par écholocation. Les insectes sont capturés par poursuite en vol (piqués), contre le feuillage et parfois par glanage au sol. Il semblerait utiliser aussi la chasse à l'affût depuis un reposoir. Il exploite également les cours de fermes.
Pour se déplacer, le petit rhinolophe évolue le long des haies, chemins, lisières boisées, ripisylves, évitant les espaces ouverts. Ces corridors boisés sont utilisés au crépuscule pour rejoindre les terrains de chasse qui se situent dans un rayon moyen de 2-3 km autour du gîte.
Sédentaire, le petit rhinolophe effectue généralement des déplacements de 5 à 30 km entre les gîtes d'été et ceux d'hiver. Il hiberne, isolé ou en groupes lâches de septembre-octobre à fin avril en fonction des conditions climatiques locales.

Reproduction
La maturité sexuelle semble atteinte à 1 an et le rut a lieu de l'automne au printemps.
Les femelles forment en avril- mai des colonies de reproduction de taille variable en fonction de la disponibilité en gîtes (de 10 à plusieurs centaines d'individus), parfois associées à Rhinolophus ferrumequinum, Myotis myotis, Myotis emarginatus et Myotis daubentoni (sans toutefois se mélanger). Elles donnent naissance à 1 seul jeune de mi-juin à mi-juillet. Les jeunes sont émancipés à 6-7 semaines.

Longévité.
Jusqu’à 21 ans. Age moyen 3-4 ans.

Alimentation.
Insectivore, le petit rhinolophe présente un caractère très généraliste dans son alimentation en se calquant sur l'offre phénologique en insectes de petites tailles. Diptères, lépidoptères, névroptères et tricoptères apparaissent comme les taxons principalement consommés dont les familles sont associées aux milieux aquatiques ou boisés humides. L'espèce se nourrit également d'hyménoptères, d’arachnides,de coléoptères, de psocoptères, d’ homoptères et d’ hétéroptères.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l'ensemble de son aire
Espèce présente en Europe occidentale, méridionale et centrale, de l'ouest de l'Irlande et du sud de la Pologne à la Crète et Gibraltar, de la façade atlantique au delta du Danube et aux îles de la mer Égée. Disparue des Pays-Bas et du Luxembourg, elle est en forte régression dans le nord et le centre de l’Europe (Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Pologne, Suisse).

En France.
Connue dans toutes les régions, Corse comprise, le petit rhinolophe a disparu du nord de la France et subsiste avec de très petites populations (1 à 4 individus) en Alsace, en Haute-Normandie et en Ile-de-France. Sa situation est plus favorable dans le Centre, en Bourgogne, en Champagne-Ardenne, en Franche-Comté, en Rhône-Alpes, en Corse, en Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (ces 3 dernières régions accueillent plus de 50% des effectifs estivaux).

En région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.
Le petit rhinolophe a pratiquement disparu de la frange littorale et des Bouches-du-Rhône. Il est encore localement présent dans les vallées de l'arc préalpin, du Mercantour au Mont-Ventoux.
Son caractère anthropophile durant la belle saison fait que les effectifs de petits rhinolophes semblent en lente mais constante régression sur l'ensemble de la région par disparition des gîtes de reproduction (urbanisation, résidences secondaires…).

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l'espèce sur le site
Le site des gorges de la Siagne présente les caractéristiques écologiques optimales pour accueillir cette espèce (altitude, végétation, proximité de l’eau). Son maintien dépendra des opportunités de gîtes qui s’offriront à lui.

Distribution détaillée sur le site
L'espèce est probablement présente sur l'ensemble du site.
Quatre sites de reproduction ont été localisés : les ruines de la Bastide Ardisson à Montauroux (17 individus en été 2002) ; le vide sanitaire d’une terrasse au nord de Montauroux (une dizaine d’individus en été 1999) ; les combles d’un ancien moulin « Les Moulins » à Mons (8 individus dont des jeunes en été 2002) ; le château de Beauregard à Mons- cave avec transit d’un grand nombre d’individus (plus de 100 au printemps). ; une colonie se trouve probablement dans les bâtiments du château car un chat y tue régulièrement des petits rhinolophes
Des individus ont été contactés au détecteur aux Gombauds, au sud de Mons.
Des individus isolés ont été observés dans des grottes, surtout en hiver : grotte aux Peintures (Mons), avenc de Montauroux, grotte aux Guano (Saint-Cézaire-sur-Siagne), résurgence de La Foux (Saint-Cézaire-sur-Siagne), aven de Peygros (Mons).

Données biologiques pour la conservation
Effectif : Inconnu, mais probablement plusieurs centaines.

Structuration spatiale des populations :
L'espèce est probablement présente sur la partie karstique du site mais dans des densités variées et à des périodes différentes selon les altitudes. Ce secteur est primordial pour l’hibernation. Peu de recherches ont été faites dans la partie aval étant donné la pression urbaine ; c’est un secteur difficile à inventorier avec les méthodes classiques. Il est possible que le petit rhinolophe y trouve sa place (vides sanitaires, garages, maisons abandonnées…) mais sans aucune certitude.

Données démographiques
Inconnues.

Tendances évolutives et potentialités de régénération.
Très anthropophile pour sa reproduction, il subit la déprédation et la rénovation du petit patrimoine bâti (fermes, granges…) qui existait autrefois en quantité. Il semble que ce soit la principale cause de disparition de l'espèce dans la région.
Conséquence de la déprise agricole, la modification des structures paysagères traditionnelles par fermeture des milieux jadis "travaillés" et l'abandon de parcours pastoraux dans les zones bocagères réduisent gravement les potentialités de nourriture du petit rhinolophe.
Le secteur des Gombauds et des Campestres, au sud de Mons, a été particulièrement prospecté. D’après des propriétaires, plusieurs bâtiments abritaient autrefois des colonies type de petits rhinolophes. Ces bâtiments sont aujourd’hui rénovés et les colonies ont disparu.

Mesures de protection actuelles.
- Directive Habitats : Annexes II et IV.
- Convention de Bonn : Annexe II.
- Convention de Berne : Annexe II.
- Protection nationale : Arrêté modifié du 17.04.1981, JO du 19.05.1981, article 1 modifié (JO du 11.09.1993)).

Diagnostic synthétique: 

Le petit rhinolophe est une espèce particulièrement menacée en France. C'est une espèce typique des paysages d'agriculture traditionnelle en mosaïque.
Sur la Côte d'Azur, la principale cause de raréfaction vient de la disparition des réseaux de gîtes liés au bâti qu'il occupait (granges, caves, combles, bergeries…).
Elle recherche les paysages semi-ouverts où alternent bocage et forêts avec des corridors boisés. La présence de milieux humides (rivières, étangs…) est également importante.
L’espèce est encore présente dans les gorges de la Siagne, mais en forte régression. Il est possible qu’elle ait disparu de la partie aval du site.

Objectifs de gestion: 

- Conservation d'un réseau de gîtes favorables à l'espèce (granges, greniers, caves, garages, vides sanitaires, canaux d'irrigations souterrains, grottes…) dans les zones les plus potentielles pour la reproduction de l'espèce. Les gîtes situés en rupture de plateau sont particulièrement potentiels car ils offrent une grande diversité d'habitat dans un faible périmètre (forêts de feuillus, pâtures semi-ouvertes…).
- Dans cette optique, il conviendrait de mettre en place un programme de sensibilisation à cette espèce sur les communes de la haute Siagne.
- Conservation / restauration des milieux semi-ouverts pâturés.

Mesures complémentaires

- Actuellement les connaissances de l'espèce sur le site sont insuffisantes pour permettre d'envisager une préservation durable et efficace. La réalisation d'études complémentaires est donc souhaitable.

- Mise en place d’un programme de conservation spécifique à cette espèce sur le sur le pourtour du périmètre du site. Le but étant la protection d’un réseau de gîtes (existants ou de substitution) en vue de la conservation de la population locale de petits rhinolophes.
Ce programme pourrait comprendre les points suivants :
- Edition d’une plaquette de sensibilisation
- Animation dans des classes des communes de la Haute Siagne
- Prospections complémentaires.
- Rencontre avec les propriétaires concernés pour sensibilisation à la protection voire, conventions de gestion.
- Recherche de sites de substitutions.

Date de publication Titre
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