Escragnolles

Situation: 

Blason EscragnollesBlason EscragnollesCulminant à 1010m d’altitude, le village d’Escragnolles s’accroche à flanc de falaise,s’étirant le long de la route
«Napoléon».Escragnolles domine un énorme fossé au fond duquel coule la Siagne. Ce fossé, creusé entre la montagne de Bliauge et le Thiey conduit le regard jusqu’à la mer.
Au sud de la vallée de la Siagne, on rencontre le chevauchement de Briasq et au nord celui de l’Audibergue. Les gorges de la Siagne et de son affluent, la Pare, sont profondement taillées dans des calcaires du jurassique, donnant au site ce caractère sauvage. Escragnolles, riche en sites remarquables,est
fréquenté par de nombreux marcheurs enquête de nature et de paix. Les atouts de ce village traversé par l’authentique route Napoléon sont incontestables. Il posséde un patrimoine naturel et historique important. Vue aérienneVue aérienne

Antiquite: 

Le territoire d’Escragnolles présente un grand
intérêt .Les richesses fossilifères du ravin de Saint-Martin et de la Colette de Clars sont exceptionnelles. Des fossiles uniques provenant de ces gisements sont entreposées à la Sorbonne à Paris ainsi qu’à la Faculté
des Sciences de Grenoble. La commune d’Escragnolles,
riche en vestiges préhistoriques,offre une concentration de «camps»,«oppida»,«castellaras»,
et «enceintes». «Aussi loin que porte la mémoire de l’histoire et de la préhistoire, il y a toujours eu des hommes sur cette terre». Dès 1880 et jusqu’en 1996, des sites ont été découverts et étudiés
successivement par Sénequier, Bottin, Goby, Guébhard, Octobon, Cheneveau et Brétaudeau.Fossile HauterivienFossile HauterivienCamp du ChâteauCamp du Château

Histoire: 

Escragnolles, anciennement nommé «Scanola, Sclannola ou Scagnola»,dont les seigneurs dès 1196 faisaient partie des familles chevalresques de Grasse.Le castrum d’Esclangolo est cité en 1235, dans le diocèse de Fréjus. Les seigneurs du XIIe siècle vivaient au château et village fortifié qui se trouvait au-dessus de la chapelle Saint-Martin, sur le vieux chemin d’Antibes à Sisteron. Chapelle Saint-Martin (sur la butte village primitif)Chapelle Saint-Martin (sur la butte village primitif)
En 1360, la terre d’Escragnolles appartenait à une branche de la famille des de Grasse, celle
des «Requiston».Depuis 1471, le lieu d’Escragnolles est reconnu «inhabité», ce qui signifie qu’il n’y réside plus aucune personne payant des impôts, mais seulement des pauvres qui en sont exempts. Au XVIe siècle, le terroir appartient à la famille de Grasse. En 1562, Noble Henri de Grasse et sa fille Françoise remettent aux habitants du lieu de Mons,«à nouvel balh et emphitéose perpétuelle, la place et terroyr du lieu inhabité d’Escragnolle». C’est ainsi que les habitants de Mons repeuplèrent Escragnolles,introduisant leur parler «Figon».Acte d'habitationActe d'habitation
Les familles créèrent certains hameaux, comme les Gras et les Mourlans et s’installèrent aussi aux lieux-dits les «Figuerets, Rouyères, les Galants, Saint-Pons, le Logis, le Château et Bail». Les Chiris et les Carlevan représentaient plus de la moitié des habitants.
C’est à la famille de «Grasse-Requiston» qu’est attribuée la construction du «château», ou «maison seigneuriale». Cette «maison seigneuriale», déjà citée en 1546 et 1562, n’était pas une résidence permanente mais représentait l’autorité du seigneur. Elle servait de centre d’exploitation agricole et pastorale.C’est en 1598 qu’Antoine Robert aurait reçu la terre d’Escragnolles. Il meurt en 1609 en instituant son fils ainé héritier.«Noble Melchior de Robert», prend possession de la seigneurie d’Escragnolles en établissant un acte d’habitation. Il aménagea et embellit le château afin d’y résider en permanence.
Ancienne maison seigneuriale "le Château"Ancienne maison seigneuriale "le Château"Le ChâteauLe ChâteauAncien Blason des "Robert d'Escragnolle"Ancien Blason des "Robert d'Escragnolle"

Le Religieux: 

Chapelle Saint-MartinChapelle Saint-MartinLa chapelle Saint-Martin, ancienne église du «castrum d’Escajola» est citée en 1242. En 1546, l’évêque de Fréjus reconnait le mauvais état de «l’eglise vieille et antique proche du château et vieux village». Bien qu’en ruine, elle restera paroissiale jusqu’en 1612.Avant 1562,le service
divin se faisait «en ung petit oratoire qu’il y a en ung coing de la salle seigneuriale».Chapelle Saint-PonsChapelle Saint-Pons
«La chapelle» Saint-Pons construite entre 1562 et 1582 par les habitants était la «seule église dans le terroir d’Escragnolle». Elle servit au culte jusqu’en 1612 où elle devint succursale, dépendant de l’évéché de Fréjus. Elle perdra sa primauté au profit de l’église du château et vivra une histoire mouvementée.
En 1740,le cimetière s’y ajoutera.Après la Révolution elle reprendra son rôle d’église paroissiale.L’évêque de Fréjus réclamait, depuis 1546, une nouvelle égliseChapelle Saint-ClairChapelle Saint-Clair près «du château ou maison seigneuriale».La venue du nouveau seigneur concrétisa son voeu. Melchior de Robert fit construire l’église dédiée à Notre-Dame en 1607. Il conclut une transaction en 1612 afin de transférer l’église paroissiale, autrefois Saint-Martin, à «Saint-Clair». Les seigneurs de la famille de Robert d’Escragnolles sont enterrés dans cette chapelle.
Dès le milieu du XVIIIe siècle, les évêques voulaient une église plus grande que Saint-Pons et proche du Logis, où la population était concentrée. C’est en 1822 que l’église fut enfin livrée au culte après moults problèmes au sujet de travaux mal exécutés.
Eglise paroissialeEglise paroissiale

Le village: 

Le LogisLe LogisEscragnolles est constitué en habitat dispersé. A l’origine, le Logis n’était représenté que par une auberge sur «le grand chemin royal». En 1820 sont recensés 81 habitants dans 20 maisons. Dans «le mémoire sur les sentences ecclésiastiques», il est cité en 1562 que les habitants étaient «presque tous rassemblés au quartier St-Pons». Il existait 11 maisons en 1733.Le hameau de Bay, écrit ainsi jusqu’en 1819,était composé de 15 maisons et 74 personnes l’habitaient en 1820.
Hameau de la ColetteHameau de la ColetteLe hameau de la Colette ou Coulette, est formé d’un corps de bâtiments dont la plus ancienne partie date du XVIe siècle. En 1817 ce hameau comprenait 1 bastide et 3 maisons. Le hameau de Rouyère,(signifiant chenaie)s’écrivait aussi Rouière en 1688 pour devenir en 1733 «Rouvières»,4 maisons le composaient.Aujourd’hui ce hameau est abandonné.Les Mourlans ou «Murlan», est le nom d’une famille que le hameau a pris au XVIIIe siècle. En 1562 il est dit «Canturquet» qui devient «Camp turquet» en 1609 puis «Canturques» en 1733. Bastide des GalantsBastide des GalantsLe hameau des Galants
est dit en 1733 «Bastide des Galants» avec 5 maisons. Le hameau «les Gras», correspond au nom d’une famille venue lors du repeuplement en 1819 il y a 3 maisons.
Le hameau des Amphons s’écrit «anfons» en 1688 et
devient «a quo denfons» en 1733. Ces appelations d’origine latine signifient littéralement «à la Hameau des AmphonsHameau des Amphonsfontaine».Le quartier des Gabres en bord de Siagne de la Pare n’était composé que de quelques habitations.
Au hameau du Cabanon, le cadastre dénombre en 1819, 2 maisons et 1 écurie.Le quartier de la Bastide n’est pas situé dans le cadastre napoléonien de 1819, ni sur les cartes des frontières de l’est et de Cassini.
Les hameaux aujourd’hui sont au nombre de 10, plus le Logis, centre du village et Rouyière en ruine. Les lieux-dits sont abondants, plus de 30. Le territoire d’Escragnolles est très étendu et sa population a considérablement augmenté avec l’arrivée de nouveaux habitants délaissant les villes pour une autre qualité de vie.

Le terroir: 

Pendant des siècles, Escragnolles a vécu au rythme des saisons et tirait ses ressources du sol.Les échanges entre montagne et bas pays furent précoces grâce à la transhumance des troupeaux.Le territoire d’Escragnolles,riche en pâture,a permis l’élevage de milliers de moutons. Les troupeaux paissaient partout, y compris à Clars, ce qui provoqua en 1559 un procès entre le seigneur de Mons et celui d’Escragnolles, qui s’est poursuivi jusqu’à la Révolution.MoutonsMoutonsChaque famille avait un potager et élevait son cochon. D’ailleurs, dans tous les hameaux il existait une loge à cochons et un four à pain.En 1733, il y avait à Escragnolles 53 travailleurs, 30 ménagers, 3 cardeurs de laine, 1 tailleur d’habits, 1 maréchal ferrant, 1 tisseur à toile, puis s’y ajouteront 2 muletiers et 1 meunier.En 1872 on comptabilisait : 7 chevaux, 152 mulets, 7 ânes, 27 vaches, 2212 moutons, 100 porcs, 166 chèvres, 300 poulets, 200 pigeons, 36 chiens et 200 ruches.Les foins famille BayletLes foins famille Baylet
Bien plus tard les cultures de lavandes font leur apparition et les collines d’Escragnolles se coloraient de bleu.Il existait une fête de la lavande avant les années 1980.Distillation de la lavandeDistillation de la lavande

Les voies de communication: 

En parallèle à la voie romaine existait aussi une voie antique puis moyenâgeuse, partant de Mons vers Escragnolles. Elle permettait d’aller de la côte vers les régions de transhumance. Cette voie 4 fois millénaire reliant Mons à Escragnolles est bordée par trois dolmens. Elle n’est plus fréquentée que par les randonneurs. Les voies de communication entre les villages sont établies depuis fort longtemps.On ne peut conter Escragnolles sans parler de l’authentique route Napoléon, qui de Saint-Vallier montait jusqu’au village en passant par la chapelle Saint-Martin, suivait la route de Saint-Pons et remontait vers Séranon.La halte que fit Napoléon en 1815 reste un
souvenir important pour la mère du général Mireur ainsi que pour l’abbé Chiris. L’Empereur s’était mis en colère devant l’état de dégradation de cette voie.Chemin NapoléonChemin Napoléon Aujourd’hui la route Napoléon, RD 6085, ne suit l’ancien tracé que sur quelques tronçons.Elle fut construite à partir de 1834.
C’est l’abbé Chaperon de la Martre qui proposa en 1913 que l’on baptise la route d’Antibes à Lyon «Route Napoléon». Les voies de communication étaient un facteur essentiel de la vie sociale, permettant la circulation des hommes et des marchandises. Ces chemins, simples sentes au début, sont devenues des sentiers muletiers, puis des routes bien plus tard.

Les moulins: 

Il existait sur la commune d’Escragnolles 2 moulins.
Le premier cité en 1546, lors de l’ordonnance de la construction d’une nouvelle église, «proche du château et maison seigneurialle et au dessus le mollin». Ce moulin était «sur la petite siagne, audit fenouilhet appartenant à la dame du dict lieu d’Escragnolle».Ce sont les eaux d’une source en amont, acheminées par un béal, qui faisaient tourner les meules de ce moulin à blé et à céréales.En 1609 une citation confirme que ce moulin n’existe plus, «aurions visitté la source et l’eau à camp turquet laquelle faisoit tourner le moulin qui estoit au devan le chasteau au lieu où de present est l’église». Ce moulin fut détruit en 1607 lorsque débuta la constuction de l’église Saint-Clair.C’est à partir de cette dernière date que le moulin sur «la Grande Siagne» fut érigé.Ce second moulin est cité en 1609, «estant le moulin de la communauté le long la rivière de Siagne». En 1706, il fut loué à André Chiris «arrente le moulin à bled, paroir et jardin de ladite communauté pour le temps de quatre années..». Il était mû par l’eau du «Garbo».Ce moulin a subi de nombreuses réparations. Il fallait en prendre grand soin. Les délibérations relatent qu’il faut réparer le canal amenant l’eau, changer les meules usagées et remettre des tuiles au toit. Il possédait un four au premier étage que l’on distingue encore. La commune «aliénera» le moulin en 1832. Actuellement les vestiges du moulin font partie d'un domaine privé.Ancien moulin d'EscragnollesAncien moulin d'Escragnolles

L'eau: 

La Siagne, nommée «Apron» par les romains, dont la toponymie signifie «marais», correspond tout à fait à la basse Siagne. Mais ne peut désigner la haute vallée de la Siagne où le fleuve n’est qu’un torrent encaissé au fond de gorges. En provençal, escana se traduit par
«resserré», «étranglé» et esclaia par «liquide lancé avec force». Certains historiens voient dans l’antique nom d’Escragnolles l’origine du mot Siagne.Le fleuve Siagne prend naissance sur le territoire d’Escragnolles
Il est issu des massifs calcaires de l’Audibergue et du Thiey, alimenté par des résurgences de type vauclusien dont le «Garbo», il parcourt 44km avant de se jeter dans la mer.
La Siagne de la Pare, ou Siagnole d'Escragnolles, est le premier affluent de la Siagne. Cet affluent,nommée aussi sur certaines cartes «Aigues Neigres», prend
naissance à la source de la Pare, traverse des gorges sur 4km et se jette dans la Siagne.Les cours d’eau se traversaient à gué, puis par des ponts en bois,
fréquemment emportés par les crues et enfin par des ponts en maçonnerie au XVIIIe siècle.Les délibérations communales décrivent toutes les réparations faites aux fontaines au cours du XVIIIe siècle. «L’eau est une composante essentielle de la vie qui cristallise les passions».
Confuence Siagne-PareConfuence Siagne-PareAbreuvoir quartier Saint-PonsAbreuvoir quartier Saint-Pons

Les souvenirs: 

Village début 20e siècleVillage début 20e siècleAuberge Napoléon 1900Auberge Napoléon 1900Eglise et MairieEglise et MairieCafé épicerieCafé épicerie

Date de publication Titreicone de tri
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