Rhinolophe euryale

Nom: 
Rhinolophe euryale
Nom Scientifique: 
Rhinolophus euryale (Blasius, 1853)
Présentation de l'espèce: 

Rhinolophe euryaleRhinolophe euryale

Code UE : 1305

Classe : Mammifères
Ordre : Chiroptères
Famille : Rhinolophidés
Genre : Rhinolophus
Espèce : euryale

Description et caractéristiques générales

Description
Rhinolophus euryale est une chauve-souris de taille moyenne. Sa tête et son corps font 4,3 à 5,8 cm ; les avant-bras font 4,3 à 5,1 cm ; l’envergure est de 30 à 32 cm et le poids est de 8 à 17,5 g.
Les oreilles larges à la base, roses à l'intérieur, pointues à leur extrémité sont mobiles et indépendantes l'une de l'autre.
Face caractéristique et typique de la famille : membrane en forme de fer à cheval (vue de face) entourant les narines ; plus haut, la selle, dont l'appendice supérieur pointu est nettement plus long que l'inférieur ; ensuite, on trouve le connectif, puis la lancette, appendice en pointe.
Pelage de la face dorsale gris brun nuancé de roussâtre ou lilas, face ventrale gris blanc à blanc crème ; les poils sont souvent foncés entre les yeux ; les jeunes sont plus gris ; parties nues de la face brunâtre, oreilles et patagium gris clair ; possibilité d'albinisme total.
Ailes larges et arrondies ; la 2ème phalange du 4ème doigt est plus de 2 fois plus longue que la 1ère ; au repos, les 3ème à 5ème doigt sont pliés à 180° à l'articulation des 1ères et 2èmes phalanges, c'est pourquoi le patagium n'enveloppe pas totalement le corps même en hibernation. Au repos et en hibernation, le rhinolophe euryale ne s'enveloppe pas complètement dans ses ailes.

Habitat
Les exigences de l'espèce sont à l'heure actuelle méconnues, particulièrement en ce qui concerne les terrains de chasse. Des lieux de reproduction, d'hibernation ainsi que gîtes de transit bien que bénéficiant d'une connaissance plus approfondie n'en restent pas moins mal connus. Malgré cette méconnaissance, il est possible de détailler certaines exigences de cette espèce déduites de sa distribution spatiale.
C'est une espèce typiquement méditerranéenne des régions chaudes de plaines et des contreforts montagneux qui, néanmoins, ne semble pas dédaigner les climats d'influence plus océanique. Les paysages karstiques riches en grottes et proches de l'eau sont préférés. Dans les régions accidentées, seuls les piémonts chauds sont fréquentés. Les types de paysages occupés se composent de 30% de bois, 30% de prairies, 30% de cultures et de 10% d'autres paysages en France continentale ceux-ci représentent 75% de garrigues et 25% de friches et de vignes en région méditerranéenne. Les paysages variés en mosaïque lui sont donc favorables. Les terrains de chasse sont quasiment inconnus ; en Corrèze, l'espèce utilise les lisières de bois souvent de chênaies (feuillus sur prairies de pâtures entre 750 m et 4 km du gîte).
Une étude récente réalisée en Italie à l’aide du radio-tracking a montré que les animaux exploitent majoritairement des bois de feuillus (chênes blancs et chênes verts), ainsi que des oliveraies dans une moindre mesure (RUSSO et. al, 2002).

Activité
On rencontre le rhinolophe euryale du niveau de la mer jusqu'à près de 1000 mètres d'altitude.
L'espèce est très sociable tant en hibernation qu'en reproduction. Les colonies, où les individus sont séparés d'une dizaine de centimètres, semblent regrouper les deux sexes et les associations avec d'autres espèces sont courantes pendant la reproduction (petit murin (Myotis blythii), minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersi), grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), murin de Capaccini (Myotis capaccinii), rhinolophe de Méhély (Rhinilophus mehelii).
En hiver, il hiberne dans de profondes cavités naturelles dont les températures et hygrométries, souvent constantes, oscillent respectivement entre 7°C et 15°C (les colonies d'hibernation importantes ont un thermopreferendum autour de 11°C) et 95-100% d’humidité.
L'espèce passe une partie de l'année en hibernation. Au Pays Basque, l'arrivée dans la colonie d'hibernation s'effectue à compter de la mi-septembre ; le départ a lieu dès la mi-mars pour s'achever à la mi-juin (octobre à avril en Corse) ; l'hibernation semble être totale de mi-décembre à mi-mars mais des individus peuvent se déplacer à l'intérieur du site durant cette période. Les sites de transit sont occupés de mi-octobre à mi-décembre et de mi-mars à mi-juin en Corse. Des individus sont encore présents dans un site de reproduction du Lot fin octobre mais la cavité est totalement désertée en décembre.
Bien que réputé sédentaire, le rhinolophe euryale peut effectuer des déplacements parfois importants puisqu'un déplacement de 134 km a été observé entre site de reproduction et d'hivernage. D'autre part, l'importance de certaines colonies de reproduction ou d'hivernage dont les individus ne sont pas rencontrés ensuite dans les environs, pourrait laisser penser à des déplacements pouvant être plus importants.
En transit, l'espèce semble moins exigeante puisque qu'elle est rencontrée dans des gîtes à des températures entre 4,4°C et 18°C et des hygrométries entre 63% et 98% ; les greniers de granges abandonnées peuvent être occupés, notamment dans le sud-ouest.
En été, l'espèce est typiquement cavernicole bien que des cas de reproduction soient connus dans des greniers où les colonies sont de taille plus réduite. Selon certains auteurs, l'espèce s'installe de préférence dans de grandes cavités avec des zones chaudes ; pour d'autres, elle est trouvée aussi bien dans de grandes grottes humides que dans des petites cavités sèches. Néanmoins, les optima de température se situent entre 12°8C et 20°C ; la température et l'hygrométrie constantes et l'absence de courant d'air semblent être une nécessité. Les colonies de rhinolophes euryale semblent changer fréquemment de gîte de reproduction d'une année sur l'autre ce qui rend la suivie des populations plus difficile que pour les autres espèces de rhinolophidés.
Le rhinolophe euryale sort à la tombée de la nuit pour chasser en volant à faible hauteur. Il peut utiliser un vol papillonnant mais aussi chasser à l'affût ou faire du sur-place.
Reproduction
Les données semblent varier fortement entre les années et d'un site à l'autre.
La maturité sexuelle serait atteinte à un an mais certains auteurs signalent des maturités plus tardives (jusqu'à 3 ans avant la première mise bas).
Le rut est automnal.
Les naissances s'échelonnent sur juin et juillet, mais pour une même zone certaines femelles peuvent avoir mis bas alors que d'autres sont encore gestantes. Elles seraient plus synchronisées en limite d'aire de répartition. Un seul petit par femelle et par an (rarement 2) pesant environ 4 g.
L'envol des jeunes a lieu au bout de 4 à 5 semaines.
Pendant la phase de reproduction, l'espèce est très sociable (des colonies approchant mille individus ont été observées).

Longévité
L'espérance de vie est mal connue (un individu bagué a été repris 7 ans et demi après sa première capture).

Alimentation
Pratiquement inconnu.
Certains auteurs citent de gros coléoptères mais aussi des papillons.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire
Le rhinolophe euryale occupe la presque totalité des pays de l'arc méditerranéen jusqu'au Turkestan et à l'Iran mais la plus grosse partie des effectifs européens se concentre en France, dans la péninsule ibérique et les pays balkaniques ; dans le reste de l'aire de répartition, les données sont plus éparses et ne concernent souvent que de petites colonies.

En France
En France, l'espèce est répandue dans la moitié sud du pays avec de grandes disparités en terme de densités ; les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées représentent les bastions de l'espèce ; elle remonte au nord-est jusqu'à l'Alsace où un crâne a été récupéré dans une pelote d'effraie des clochers (Tyto alba) et au nord-ouest jusqu'aux Pays de Loire.
L'espèce a subi un déclin très important. Elle est en danger sauf peut-être dans le sud-ouest et en Midi-Pyrénées (données à confirmer). Une colonie de près de 1500 individus est connue en hiver au Pays Basque ; une autre de plus de 850 individus est signalée dans le Lot. La baisse des effectifs de ces trente dernières années ne permet plus d'observer, d'après les connaissances actuelles, d'autres colonies de cette importance sur le reste du territoire national.
Les effectifs sont en fort déclin partout ailleurs et le rhinolophe euryale a aujourd'hui disparu dans la Loire et en Rhône-Alpes. Dans les autres régions du sud de la France (Corse, Provence Alpes-Côte-d'Azur et Languedoc-Roussillon), l'espèce est encore présente sous forme de populations relictuelles cantonnées dans quelques secteurs géographiques.
En résumé, les populations les plus nordiques disparaissent progressivement alors que le statut des populations du sud de la France ne paraît pas suffisamment connu pour pouvoir apprécier si un déclin similaire s'y produit actuellement.

En région Provence-Alpes-Côte d’Azur
L’espèce était autrefois commune sur le secteur méditerranéen et l’arc préalpin. Elle est aujourd’hui très rare.
Depuis les années 1990, toutes les observations de rhinolophes euryale ont été faites dans un triangle passant par Draguignan (83), Grasse (06) et Annot (04).

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site.
Le site abrite la dernière colonie de reproduction connue pour cette espèce dans la région.

Distribution détaillée sur le site
L’espèce est rare sur le site, elle est probablement localisée à la partie karstique. Elle a été observée à la grotte au Guano, à la grotte aux Peintures, à l’avenc de Montauroux et elle a été détectée à la grotte de Pâques.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : le maximum observé est de 39 individus fin août 2000.

Structuration spatiale des populations
Une petite colonie occupe la grotte au Guano. Les 39 individus observés en 2000 comprenaient vraisemblablement les femelles adultes et les jeunes de l’année. En automne, jusqu’à 17 individus ont été observés à la grotte aux Peintures en compagnie de grands rhinolophes. En hiver on ne sait pas où se trouvent les animaux.

Données démographiques
Inconnues. Le suivi des populations de cette espèce est assez difficile car les animaux changent régulièrement de gîtes.

Tendances évolutives et potentialités de régénération
Le potentiel de gîtes nécessaire au rhinolophe euryale est présent dans les gorges. Le maintien de la population dépend donc de la tranquillité des grottes qu’il fréquente d’une part, du maintien des territoires de chasses d’autre part, principalement constitué de chênaies.

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexes II et IV.
- Convention de Berne : Annexe II.
- Protection nationale : Arrête modifié du 17.04.1981, JO du 19.05.1981, article 1 modifié (JO du 11.09.1993)).

Diagnostic synthétique: 

Le rhinolophe euryale est une des espèces qui a subi le plus fort déclin partout en France au cours des dernières décennies. C’est une espèce méridionale strictement cavernicole qui chasse notamment dans les bois de feuillus et les oliveraies traditionnelles non traitées par les pesticides.
La grotte au Guano de Saint-Cézaire-sur-Siagne abrite la dernière colonie de reproduction connue dans la région.

Objectifs de gestion: 

- Protection de la grotte au Guano et de la grotte aux Peintures et mise de celles-ci en réserves naturelles
- Gestion du paysage dans un rayon de 5 km autour de la grotte au Guano
- Sensibilisation des petits oléiculteurs à une agriculture biologique

Mesure complémentaires

- Recherche des cavités d’hibernation
- Plan de gestion du paysage dans un rayon de 5 à 10 km autour de la grotte au Guano, en fonction des exigences des espèces qui s’y reproduisent.

Date de publication Titre
06/12/2013 - 12:08 2ème réunion de la Commission Locale de l'Eau

La Commission Locale de l'Eau (CLE) s'est réunie le 13 novembre 2013 à Tanneron.

Lors de cette réunion les membres de la CLE ont validé :
- les règles de fonctionnement

- la...

08/07/2013 - 16:23 Installation de la CLE

La Commission Locale de l'Eau a été installée le 11 juin 2013 par le Préfet des Alpes-Maritimes lors d'une réunion en mairie de Peymeinade.
Le collège des collectivités a élu comme Président...

08/07/2013 - 16:07 Arrêté de la CLE

L'arrêté de la composition de la Commission Locale de l'Eau a été validé le 14 mai 2013 et signé par le Préfet des Alpes-Maritimes, M. Christophe MIRMAND.