Montauroux

Situation: 

Situé à la porte du département du Var, Montauroux affiche fièrement son cadre strié de restanques
couvertes d’oliveraies aux troncs tourmentés par les siècles. Village de l'est varois limitrophe des Alpes-Maritimes, Montauroux s'étage en gradins de 150 à 400 mètres d'altitude avec une exposition Sud face au massif de l'Esterel et à celui des Maures. Le village est riche de son authenticité préservée, de l’art de vivre méditerranéen, de sa simplicité rustique.Blason MontaurouxBlason MontaurouxMontauroux vue aérienneMontauroux vue aérienne

Antiquite: 

La construction, au milieu du Ier siècle par les romains, d’un aqueduc sur la Siagnole de Mons, fournissait l’eau à la ville de Fréjus. De nombreux tronçons sont encore dans un état “remarquable”, dont celui qui traversait le quartier de Fondurane où l’eau devait être abondante.Le canal romain venu de Mons traversait en ligne droite la zone de cultures de Fondurane pour passer le Biançon au lieu dit “Gayet”; il fut entièrement détruit, mais un tronçon sera retrouvé aux extrémités de cette zone.Le premier“petit canal” romain était issu des sources de la Foux de Montauroux et de Callian. L’aqueduc de la Foux se distinguait architecturalement de celui de Mons. Ces deux branches du canal romain dessinent une “ile virtuelle” où fut créée par la suite la réserve de Fondurane gérée par le Conservatoire “Etudes des Ecosystèmes de Provence-Alpes du Sud”.
FonduraneFondurane
Le vallon Maya,dit “Maillan,Mailla”, servait de frontière entre les terres de Mayeul à Montauroux et celles de Hugues de Callian. Il délimite depuis 1314 les communes de Callian et Montauroux. Le canal Maya, dont l’origine est difficile à déterminer, a pu être construit au tout début du XVIIe siècle. Cet ouvrage amenait l’eau de la source Maya “jusqu’à la fontaine située près du village, la plus ancienne”.
Canal Maya, une des portesCanal Maya, une des portes

Histoire: 

Montauroux est écrit “Montis-Aurosi”, en 1040 et 1068 dans le cartulaire de Lérins. Puis on trouve “Mons aurosus” et “Mons aurosius”, traduit aussi par “mont
exposé au vent ou mont doré”. Pourtant, une famille Aurosa existait car “Pétrus de Monte-Aurose, in loco Montis-Aurosi” et l’Evêque de Fréjus, firent la donation de la chapelle Saint Michel de “Cavaroxa” au monastère de Lérins.Le fief de Montauroux,au XIe siècle
faisait partie du territoire de Callian, dépendant juridiquement de Draguignan. Callian et Montauroux passaient un acte de délimitation de leur domaine en 1314.L’Evêque de Fréjus était seigneur de Montauroux avec d’“autres seigneurs”, ceux-ci descendant de
“Pierre de Montauroux”.Par divers mariages,ces derniers
se retrouvèrent dans les seigneuries, des Signes de Puy Bresson et des Grasse de Callian. En 1647,l’Evêque
échangea Montauroux contre Bagnols, se plaignant de l’attitude inamicale de ses sujets. Charles de Lombard de Gourdon devint seigneur du lieu et acheta en 1675
le titre de Marquis, faisant de Montauroux un marquisat
MontaurouxMontaurouxDessin M.CombeDessin M.Combe

Le Religieux: 

L’église paroissiale Saint-Barthélemy existait au XIIe siècle, n’apparaîssant qu’au XIVe siècle avec
l’évolution du village. A l’origine plus petite, son agrandissement réalisé en 1691 est encore visible sur son fronton. L’église possédait à l’époque une toiture en forme de pyramide couverte de céramique multicolore
qui fut foudroyée en 1770. Sur les vestiges du fort Saint-Barthelémy fut érigée, en 1633 par les Pénitents Blancs, la chapelle Saint Barthélemy.Devant celle-ci existait l’aire de battage et le cimetière était la
“basse-cour” du château.
La chapelle Saint Michel dite aussi “Chambarot” fut donnée au monastère de Lérins par “Pétrus de Monte-Aurose, in loca Montis Aurosi”,confirmant l’ancienneté de celle-ci (1040-1066), située au quartier “Cavaroxa”,(signifiant chêne creux).
Il existait d’autres chapelles,en particulier, Saint-Antoine, qui servait de vestiaire au seigneur du lieu lors de ses visites. Le seigneur s’arrêtait à la chapelle Saint Antoine, “hors de la ville”, afin de se changer pour entrer dans le bourg “en habit d’apparat par la porte de la Rouguière”.La chapelle se situait
“dos à dos” à la mairie et gênait le passage actuel de la rue des Ecoles. Transformée en écurie puis en ruine en 1837 elle fut détruite.
Il existait une chapelle Sainte-Brigitte. On n’en trouve pas de trace dans la rue Sainte-Brigitte mais seulement dans les archives communales.En 1692, il fut “délibéré de mettre au rabais les réparations à faire à la chapelle Sainte Brigitte”.Tous ces édifices religieux témoignent de la ferveur et de la foi des montaurousiens.
Chapelle Saint-MichelChapelle Saint-MichelClocher église paroissialeClocher église paroissialeChapelle Saint-BarthelémyChapelle Saint-Barthelémy

Le village: 

Vers 1100, le “castrum” de Montauroux se composait au nord d’un piton rocheux entouré d’un mur suivant son contour. Tout autour,les masures des habitants étaient
regroupées à l’abri des défenses naturelles de la colline.Vers 1200, la forteresse déssinait son premier contour et c’est au XVIe siècle que le “Fort Saint Barthélemy” prenait toute son ampleur.A la fin du siècle, le Duc d’Epernon fit abattre la forteresse.
ForteresseForteressePlan village primitif avec extentionPlan village primitif avec extentionChâteau Marquis MontaurouxChâteau Marquis Montauroux
Deux quartiers importants sont à signaler, la Colle Noire et Tournon. La “Colle-Narbonne”est nommée depuis le XIXe siècle“Colle-Noire”.En 909, Mayeul fait don à l’abbaye de Cluny de la Villa Narbonne et ses églises,
le nomde Narbonne a été donné en souvenir de son grand père, vicomte de Narbonne. En 978, Mayeul rend la
“villa Narbonne et ses églises à Lérins”,cette possession remonte à 1038.L’auberge-hôpital est citée plusieurs fois au XIVe siècle étant desservie et occupée par les moines de Lérins qui soignaient les malades et les vieillards montaurousiens.Colle NoireColle Noire
Tournon au XIIIe siècle faisait partie du domaine de Callian. En 1235,apparaît dans les textes le“Castrum
de Tournon”, forteresse dont les ruines dominent la Siagne.Il s’agit d’une forteresse militaire destinée à protéger le passage de la Siagne.La seigneurie de Tournon, fut confiée aux “Villeneuve” qui en devinrent les seigneurs puis vint les “Pontevès”, suivis des
“Castellane”au XVe siècle. Ces derniers possèderont le domaine pendant deux siècles et construiront, plus bas, faute de confort dans la forteresse, “le château de Tournon”.Sans oublier, que le premier document relatif à Montauroux (1030-1041), concerne “Notre-Dame d’Embrianus”.Cette église “castrale” était sise dans le “castrum” de Tournon à l’origine.Forteresse de Tournon, planForteresse de Tournon, planChâteau TournonChâteau Tournon

Le terroir: 

Le territoire primitif de Montauroux n’était qu’une vaste forêt de chênes. Autour du village les paysans édifièrent des cultures vivrières sur les "restanques" aux murs de pierre péniblement élevés. L’agriculture et l’exploitation des forêts faisaient vivre le pays. Or, terres et forêts appartenaient aux seigneurs et les paysans n’en avaient que le droit d’usage.La pâture du bétail était réglementée dans le bois du défens. A la fin du XVe siècle un important traité de pâturage fut établi entre les communautés de la Brigue et de Tende avec les terres de Montauroux, Fayence, Bagnols et Fréjus; les relations de transhumances étaient primordiales.Vers 1750 commença l’élevage du ver à soie et de nombreuses magnaneries existaient à Montauroux.Il y avait beaucoup d’oliviers de vigne, de blé et d'arbres fruitiers mais l’on trouvait aussi des mûriers, des chênes verts et blancs, des noyers ainsi que des figuiers, du chanvre et des lentilles. L’économie de Montauroux reposait également sur un petit artisanat, cordonnerie et tissage. C’est à la fin du XIXe siècle, que se développa l’horticulture et les agriculteurs transformèrent leurs terres en champs de jasmin, de rose, de lavande et de lys ; un concubinage de cultures savamment agencées. La moissonLa moissonCultures lavandesCultures lavandes

Les voies de communication: 

Au cours des temps, les habitants de la Haute Siagne restèrent en relation grâce à tout un réseau de pistes de communication. Au début du Xe siècle, la route entre Draguignan et Grasse était une voie secondaire parallèle à la voie Aurélia et les voies tranversales, très anciennes, pénétrant à l’intérieur du pays étaient des chemins en terre. Le Moyen-Age hérita de ce réseau, mais en très mauvais état, de nombreux itinéraires furent abandonnés. L’édification des châteaux conduisit à l’établissement de bourgs et de routes en étoiles reliant les villages. La route de Grasse à Draguignan, où se trouvaient de nombreux hospices et refuges, était fréquentée par les pèlerins.Aux XIIIe et XIVe siècles, on constate que le grand commerce passait par cette région.Au XVe siècle, le route médiévale connut son Âge-d’Or,des ponts furent
construits et des auberges routières s’implantèrent.
La route de Grasse à Draguignan était toujours, au XVIIe siècle, une voie de pélerinage vers Compostelle et Montauroux délibèrait d’ouvrir un chemin “ors la ville” pour les voyageurs. Au XVIIIe siècle, les campagnes étaient infestées de brigands, et, aller de Fréjus à Grasse devenait très dangereux.
La traversée des plaines de Callian et Montauroux s’éffectuait sans encombre à l’exception des ruisseaux des Combes et de la Camiole. Au XIXe siècle la route de Draguignan à Grasse fut l’objet d’importants travaux
qui furent effectués par les habitants de Montauroux. Vers 1800, elle devint “route Royale” puis “route Impériale”et devint carrossable en 1807.Rue de la RouguièreRue de la RouguièrePont du Biançon avant le lacPont du Biançon avant le lacCarte frontières de l'estCarte frontières de l'est

Un projet de mise en valeur d’un gisement houiller
ouvre une perspective de pénétration de l’Est Varois en
1873.La ligne Draguignan-Nice par Grasse est déclarée
d’utilité publique en août 1882. Le 12 juin 1890, le tronçon de Draguignan à Montauroux est terminé,ouvert à l’exploitation le 1 juillet 1890. Au-delà de Montauroux, le gros oeuvre du viaduc de la Siagne est
achevé. Cet ouvrage fut la fierté de la Compagnie du Sud, s’inspirant du pont construit par “Eiffel” sur le Rio-Cris au Portugal en 1879. La construction de ce gigantesque viaduc nécessita, pour son assemblage, 529 tonnes de poutrelles métalliques.II se composait de 4 travées, sa longueur était de 231m et culminait à 72m de haut.Au matin du 24 août 1944, un commando allemand déclencha les charges explosives et c’est ainsi que s’effondraient deux travées de cet ouvrage. La ligne fut définitivement fermée le 2 janvier 1950.
Viaduc de la SiagneViaduc de la Siagne

Les moulins: 

Il fut un temps où les moulins étaient nos premières
“usines” et ces industries étaient en plein essor vers 1500. Le droit féodal, obligeait les villageois à venir moudre leur grain aux moulins du seigneur ainsi
que cuire à ses fours, moyennant une redevance. Ce droit n’était plus accepté par les habitants au XVIe siècle, déjà regroupés en communauté. Montauroux eut plusieurs moulins implantés sur son territoire.
En 1645, la confrérie du Saint Esprit “paye sur ses deniers, le fermage du moulin et du four que ladite confrérie tient de N.Sieur de la Morée”. C’est le plus ancien propriétaire de moulin que les archives nous
révèlent. Celles-ci, fourmillent de délibérations sur les moulins sans jamais vraiment les situer.
On découvre qu’en 1760, il existait 6 pressoirs à raisin et en 1762, le conseil “vote la construction d’un troisième moulin à huile”.
En 1859, l’on compte 4 moulins à huile, 3 à recence, et 2 moulins à farine. En 1871, il existait “7 moulins en pleine activité”. Aujourd’hui il ne reste que le moulin communal,les autres sont en ruine ou transformés
en habitation. Les quelques vestiges de “pressoirs à chapelle” témoignent encore de leur existence.
Moulin FonduraneMoulin FonduraneMoulin communalMoulin communal

L'eau: 

L’alimentation en eau de Montauroux,posa des problèmes jusqu’au XIXe siècle.Déjà en 1646, il était “délibéré de faire réparer la fontaine de Subrane..” et les citations ne manquent pas dans les archives, l’eau était si précieuse, pourtant pendant trois siècles nous lisons la même litanie.
Les trois anciens lavoirs, celui de Maya dit de
“Fontneuve”, date de 1782, celui sous le “pré de Titin”, construit près de l’unique fontaine en 1809 fut démoli en 1834 et celui sous le parking, construit en 1834, avec un abreuvoir et une fontaine restaurés en 1978. C’est avec enthousiasme que les villageaois accueillirent la venue de l’eau à Montauroux avec la construction du lavoir sous la place du Clos en 1878.
Le canal romain, qui captait l’eau de la Siagnole, avait était doublé afin d’irriguer les terres de Callian, Montauroux et Tourrettes en 1867 et permit la construction de fontaines. Sans oublier la Siagne et sa végétation luxuriante, qui donne au coin cette fraîcheur. Lavoir avenue de SubraneLavoir avenue de SubraneLavoir FontneuveLavoir Fontneuve
Le lac de Saint-Cassien a remplacé les prairies, les cultures de haricot, de fraise, d’arbre fruitier et de vigne, qui existaient sur les rives du Biançon.
C’étaient les terrains les plus fertiles et leur production se retrouvait sur les marchés de Grasse et Draguignan.Le lac est formé de trois branches et sur la principale fut établie l’usine hydroélectrique. Les travaux de cette usine débutèrent au cours de l’année 1962 et se terminèrent en 1965. La mise en eau dura du printemps 1966 à septembre 1967, engloutissant sept maisons, des cabanons et une scierie. Outre son attraction touristique, il joue une rôle important pour l’alimentation en eau et la lutte contre les incendies.Lac de Saint-CassienLac de Saint-Cassien

Les souvenirs: 

Montauroux Fort Saint-BarthelémyMontauroux Fort Saint-BarthelémyPlace de l'églisePlace de l'églisePlace de la RouguièrePlace de la RouguièreGare de MontaurouxGare de Montauroux

Date de publication Titre
27/06/2013 - 13:01 Sorties scolaires

Afin de transmettre la connaissance du patrimoine de la haute Siagne, le SIIVU organise des sorties scolaires....

13/01/2012 - 16:03 Ouvrage patrimoine

L'ouvrage sur le patrimoine local des communes de la haute Siagne vient de paraître. Il est en vente au siège du SIIVU ainsi qu'en Offices du Tourisme....

22/03/2011 - 15:35 Le SAGE

Le lancement de la concertation sur le périmètre du SAGE Siagne a débuté début février. Les communes du bassin versant de la Siagne, les conseils généraux du Var et des Alpes-maritimes, le Conseil...