Blageon

Nom: 
Blageon
Nom Scientifique: 
Leuciscus soufia (Risso, 1826)
Présentation de l'espèce: 

BlageonBlageon

Code UE : 1131

Embranchement : Vertébrés
Classe : Poissons Ostéichtyens
Ordre : Cypriniformes
Famille : Cyprinidés
Genre : Leuciscus
Espèce : soufia

Description et caractéristiques générales

Description

Le corps est subcylindrique, allongé ; la tête conique et le museau arrondi.
Les écailles sont cycloïdes ; la ligne latérale est soulignée d'un pigment jaune orangé (de même que la base des nageoires paires).
Une bande latérale noire violacée, au-dessus de la ligne latérale, sur les 3/4 antérieurs des flancs de l'animal, mais pouvant aller de l’œil jusqu’à la nageoire caudale (visible surtout chez les mâles).
La taille des mâles adultes varie de 90 à 120 mm (longueur à la fourche), les femelles sont plus grandes, 150-l60 mm.
Décrite pour la dernière fois par Risso sur des individus provenant du fleuve Var, l'espèce présentait selon Spillmann (1959), une série de formes de transition le long de la façade méditerranéenne et de la vallée du Rhône. Cette grande variabilité a été anciennement reconnue par certains auteurs, Cuvier et Valenciennes (1844), Lacépède (1878). Spillmann (1959, 1961) d'Aubenton et al. (1971), et ignorée par d'autres, Roule (1925). Elle a conduit à la description de trois sous-espèces :
Leuciscus soufia souffia avec une couleur argentée, un dos rectiligne, des nageoires pectorales étroites et les lobes de la nageoire caudale aigus.
Leuciscus soufia agassizi avec une pigmentation très accentuée, dos sombre et bande noire marquée sur les flancs et un corps plus fusiforme.
Leuciscus soufia muticellus avec un museau court, large et épais par rapport à L. s. agassizi et une pigmentation différente.
Cependant, pour Gilles et al. (1997) il n’existerait qu’une sous espèce en France (cf. § répartition).
Diagnose : D II-III/(7) 8 (9) ; A III/8-9 (10) ; Pt I/13-15 ; Pv II/7-9 ; C (17) 19 (21).

Confusions possibles : il peut être confondu avec d’autres cyprinidés par son corps de vandoise ou de chevaine, appartenant comme cette espèce au genre Leuciscus. Sa bande sombre longitudinale, plus ou moins bien visible (il faut parfois faire varier l’incidence de la vision en regardant les flancs) est cependant très caractéristique.

Habitat
Le biotope du blageon est constitué par des eaux claires, et courantes, avec substrat pierreux ou graveleux, et correspond à la zone à ombre. Il est considéré comme espèce d’accompagnement de la truite fario et surtout du chevaine.
Habitats de l’annexe I susceptibles d’être concernés : 3260-Rivières submontagnardes et planitiaires à végétation flottante de renoncules (code COR. 24.4)-.

Activité
Il a une activité benthique (comme le hotu, raclant le substrat pour en consommer notamment la couverture diatomique et recherchant les invertébrés benthiques) et aussi une activité de surface , comme les poissons gobeurs (chevaine, vandoise).
Le blageon est une espèce grégaire au comportement proche de celui de la vandoise.

Reproduction
La ponte se déroule de fin mars à début mai , La fécondité est faible. Le substrat de ponte est un fond de gravier avec de bonnes conditions de percolation d’eau sous graviers.
Dans la Durance, la maturité sexuelle est atteinte à 3 ans pour 80 % des mâles et 90 % des femelles. La ponte se déroule en une seule fois, au mois de juin, sur des graviers, dans des eaux à fort courant. La fécondité relative varie de 80 à 140 ovules par gramme de poids somatique.
La fécondité potentielle d'un échantillon de la Durance était comprise entre 3 700 et 6 000 ovules (Chappaz & Brun, 1993). Une étude a montré par élevage que le blageon a une période de ponte courte et unique, vers 12°C, sur substrat de 2-3 cm avec des vitesses de 0,2 m/s. Bless in (Kirchoffer & Hefti, 1996).
Les pontes du blageon sont vulnérables aux perturbations du milieu physique, en particulier au colmatage des fonds par les éléments meubles (argile, limon,…)

Alimentation
Le blageon a un régime alimentaire à forte dominance carnivore avec une grande variété de proies consommées (larves de nombreux insectes aquatiques et insectes aériens gobés en surface), diatomées et des algues filamenteuses.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Répartition, état de conservation et évolution
Sur l’ensemble de son aire

D’après BRUSLE et QUINIARD, 2001, l’aire de répartition du blageon est centrée sur les Alpes et suit un arc qui s’étend de l’Italie à la Bavière et à la Roumanie, en passant par la vallée du Rhône. Originaire du bassin du Danube, l’espèce se serait étendue versl’ouest au Pliocène (fin de l’ère tertiaire), quand le Rhône est entré en contact avec le Danube. Sa répartition altitudinale peut se situer jusqu’à 500 mètres. L’étude de la variabilité génétique des populations françaises, italiennes et slovènes a conduit à la différenciation de trois espèces : Leuciscus soufia Risso, 1826 en France (Alpes, Rhône, Var), Leuciscus soufia agassizi Valenciennes, 1844 en Slovénie (Alpes, Danube) et Leuciscus soufia muticellus Bonaparte en Italie (Alpes, Pô, lac de Côme, Alpes -Maritimes). Les pools génétiques sont différents entre populations françaises du bassin de l’Hérault et celles des basins du Var et de l’Argens. Existent également :

Leuciscus pleurobipunctatus (Stephanidis, 1939) en Grèce, Leuciscus kaedicus Stephanidis, 1971 en Grèce et dans les Balkans et Leuciscus polylepis (Steindachner, 1866) en Croatie.

En France
Il est présent dans les régions de l’est et du sud et dans les affluents du Rhône et de l’Hérault ; ce bassin hydrographique représentant la limite occidentale de la répartition de l’espèce. On le rencontre dans les lacs (Annecy) toujours à proximité de l’embouchure des rivières. Suite à l’isolement géographique des populations dans certains bassins, il est considéré comme une espèce « hydrographiquement contrastée ».
L'espèce Leuciscus souffia est autochtone dans le bassin du Rhône, en particulier dans la Durance et dans les fleuves côtiers méditerranéens descendant des Alpes. Espèce péri-alpine, sa présence dans le bassin du Rhin, selon Spillmann (1961), est confirmée dans le Bade Wurtemberg où elle est considérée « en danger » (liste rouge des animaux en danger en Allemagne, Bonn, 1998). Une population de blageon se rencontre dans l'Ource.
D’après d’Aubenton (1971), chacune des trois sous-espèces décrites plus haut serait inféodée à une zone géographique donnée :
- Leuciscus soufia soufia est caractéristique du fleuve Var.
- Leuciscus soufia agassizi est caractéristique du bassin du Rhône.
-Leuciscus soufia multicellus est caractéristique de la rivière Bévéra (Alpes- Maritimes).
Mais des travaux récents, (Gilles et al., 1995, Gilles et al., 1997), démontrent qu'il n'existe en fait en France qu'une seule espèce, Leuciscus soufia agassizi, commune au bassin du Rhône et aux fleuves côtiers méditerranéens.

En région Provence – Alpes - Côte d’Azur
Il est bien représenté dans les cours d’eau de la région.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site.
Outre son intérêt patrimonial découlant de son classement à l’Annexe II de la Directive Habitats, le blageon est une espèce repère intéressante, surtout caractéristique de la zone à ombre et de son bon état de fonctionnalité.

Distribution détaillée sur le site
Sa limite amont extrême de répartition sur la Siagne est sensiblement située entre le confluent du Biançon et le pont des Veyans . Il est présent sur la partie aval (Auribeau). Ses densités plus faibles dans la Siagne sont importantes dans le Biançon.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : l’étude ichtyologique réalisée par pêches électriques en 2001 et 2002 a dénombré 1746 individus/ha sur le Biançon (classe de densité 4) au niveau de Saint-
Cassien-des Bois et 146 individus/ha sur la Siagne (classe de densité 1) au niveau d’Auribeau-sur-Siagne et au Gabre

Données quantitatives sur l’habitat fonds : les zones potentielles de frayères sont les substrats de graviers-cailloux qui sont les sites favorables à la reproduction. Un impact négatif sur la fonctionnalité de ces zones est provoqué par la fermeture du substrat (incrustation des fonds par le carbonate de calcium, conséquence de l’affaiblissement des débits).

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexe II
- Convention de Berne : Annexe III
- Livre Rouge des espèces menacées : UICN (1990) « Rare »

Diagnostic synthétique: 

Le blageon est en régression en Europe. Sur plusieurs points du Réseau Hydrobiologique et Piscicole (RHP), le blageon s’est raréfié et et sa taille diminue. Espèce d'eau fraîche, elle disparaît souvent dans les secteurs soumis à des débits réservés, ou à la disparition de zones d’ombre ou encore à la multiplication de seuils favorisant l’eau stagnante. Elle présente une assez bonne résistance aux pollutions métalliques (Bornard et Perrin, 1978). Pour la sous espèce locale, la menace est celle du repeuplement impliquant des sous-espèces non représentées dans le cours d’eau.
L’espèce n’est pas menacée dans le bassin de la Siagne s’il existe une libre circulation entre un affluent intégralement protégé et l’axe principal où les juvéniles se disperseront toujours (principe du réservoir biologique minimum introduit dans le SAGE du bassin Rhône Méditerranée Corse).

Menaces
- Incidence des usages et activités humaines :
- la pêche, la baignade et la randonnée aquatique: la fréquentation importante du site en fin de printemps et l'été a un impact sur la population piscicole, le milieu et les fonctions de l’espèce : perturbation de la reproduction et de la croissance des juvéniles par piétinement des zones de frayères ; dégradation des zones d'alimentation par piétinement) ; perturbation du mode de vie des adultes par destruction de l'habitat (déstructuration du milieu par des petits barrages, uniformisation des fonds suite au déplacement des blocs, disparition des embâcles) et par la présence d’être humains dans le cours d'eau (modification du comportement des poissons).
- Prélèvements d'eau pour l’eau potable : ils réduisent la surface d'habitats et accentuent l’étiage.
- Traitement de l'eau des captages : toute pollution peut avoir un impact sur les populations de blageon.

Objectifs de gestion: 

- Maintien sur le site de cette espèce, qui a une zone de répartition limitée
- Maintien de la qualité physico-chimique des eaux et d’un débit minimum dans les cours d’eau et réseaux d’eau courante, maintien de la diversité des fonds et de l’habitat.

Plan d’action proposé pour l’espèce sur le site

- Restaurer et réhabiliter les secteurs dégradés
- Maîtriser la surfréquentation et éduquer/informer le public : bassins tampons pour toutes les activités, limiter la baignades dans les secteurs les plus sensibles, surveiller le piétinement des zones de gravière frayères et la déstructuration des habitats, signalétique et actions pédagogiques
- Faire appliquer les mesures réglementaires déjà existantes (interdictions de baignades, périmètres de protection des captages des sources), signalons pour mémoire que la navigation et la baignade sont interdites en aval de l’usine du Tignet-Tanneron. Malgré cette interdiction, la baignade fait l’objet d’une pratique importante sur cette section.
- Etudier les impacts éventuels de la pratique des sports d’eaux vives sur le blageon et son habitat.
- Surveiller les rejets potentiels
- Poser des équipements ou réduire des seuils pour favoriser les échanges
- Limiter les pompages aux sources et surveiller les pompages sauvages
- Eviter les extractions de granulats
- Maintenir la continuité de la ripisylve et de la bande enherbée
- Maintenir la stabilité et la qualité des systèmes hydrologiques des eaux courantes, des nappes phréatiques et des eaux dormantes (ni drainage, ni marnage artificiel, ni barrages, surveillance de la pollution).
- Maintenir et suivre la qualité physico-chimique des eaux et un débit minimum dans les cours d’eau et réseaux d’eau courante. Limiter les prélèvements d'eau. Mettre en place un débit réservé à la source de la Foux
- Mesures de nature contractuelle préconisées : mise en place de conventions avec les propriétaires pour se réserver les baux de pêche et ainsi avoir la gestion du secteur concerné; mise en place d'un poste de garde à rôle de surveillance et de sensibilisation du public : mieux utiliser le dispositif actuel , défaillant.

Travaux de restauration ou d’entretien à réaliser : aménager un équipement pour la dévalaison des poissons au barrage du Tignet. La configuration actuelle des lieux représente des risques de mortalités.

Indicateurs de suivi recommandés

Engager des recherches spécifiques sur la biologie, l’écologie et la génétique de l’espèce.
Suivi annuel de la population de blageon, en parallèle aux opérations de suivi des populations de salmonidés menées depuis plusieurs années.

Date de publication Titre
27/06/2013 - 13:01 Sorties scolaires

Afin de transmettre la connaissance du patrimoine de la haute Siagne, le SIIVU organise des sorties scolaires....

13/01/2012 - 16:03 Ouvrage patrimoine

L'ouvrage sur le patrimoine local des communes de la haute Siagne vient de paraître. Il est en vente au siège du SIIVU ainsi qu'en Offices du Tourisme....

22/03/2011 - 15:35 Le SAGE

Le lancement de la concertation sur le périmètre du SAGE Siagne a débuté début février. Les communes du bassin versant de la Siagne, les conseils généraux du Var et des Alpes-maritimes, le Conseil...