Ecrevisse à pieds blancs

Nom: 
Ecrevisse à pieds blancs
Nom Scientifique: 
Autropotamobius pallipes (Lereboullet, 1858)
Présentation de l'espèce: 

Ecrevisse à pieds blancsEcrevisse à pieds blancs

Code UE 1092

Embranchement : Arthropodes
Classe : Crustacés
Ordre : Décapodes
Famille : Astacidées
Genre : Austropotamobius
Espèce : pallipes

Description et caractéristiques générales
Description
L'écrevisse à pieds blancs a un aspect général rappelant celui d'un petit homard avec un corps segmenté, allongé et aplati latéralement. L'abdomen se termine par une queue en éventail : le telson.
Elle possède cinq paires de pattes thoraciques, dont les trois premières sont terminées par des pinces. Elle ne possède pas d'ergot au niveau du carpopodite.
Elle a deux longues antennes et deux antennules.
Les deux yeux sont portés par des pédoncules mobiles. L'écrevisse à pieds blancs n'a qu'une seule crête post-orbitaire, pourvue d'une seule épine.
Une série d'épines est bien visible, sur les bords du céphalothorax, en arrière du sillon cervical.
Le rostre de cette écrevisse a des bords qui convergent régulièrement pour former un triangle assez net, avec une arête médiane peu marquée et non denticulée.
L'écrevisse à pieds blancs a une coloration vert bronze à gris et une face ventrale pâle, notamment au niveau des pinces.
Un dimorphisme sexuel est visible lorsque l'individu dépasse 50 mm de long.

Habitat
L'écrevisse à pieds blancs recherche des cours d'eau à courant rapide et présentant des abris multiples et variés. Ainsi, elle fréquente des rivières, des ruisseaux et des torrents présentant des fonds caillouteux, graveleux ou pourvus de blocs sous lesquels elle se dissimule au cours de la journée. Sa capacité à se déplacer en milieu terrestre explique qu'on puisse la trouver dans des plans d'eau fermés.
Elle a besoin d'une eau claire, d'une excellente qualité, très bien oxygénée, neutre à alcaline. Cette eau doit être de préférence riche en calcium.
La température de l'eau doit être relativement constante (15 à 18°C)-c’est le cas de la Siagne- mais dans le midi de la France, l'écrevisse à pieds blancs peut supporter des températures dépassant 21°C l'été.
La végétation aquatique ou rivulaire joue également un rôle important dans la mesure où les bois morts, les herbiers aquatiques, les racines et le chevelu racinaire des arbres de berges constituent des abris vis-à-vis du courant et des prédateurs. Les végétaux ont un rôle également dans l'oxygénation, la température de l'eau et la quantité de lumière reçue qui facilite les biotopes pour les crustacés.

Activité
L'écrevisse à pieds blancs est relativement peu active l'hiver jusqu'au mois de mai. Ses déplacements dépendent des conditions thermiques ambiantes et sont souvent limités à la recherche de nourriture. Elle redevient active ensuite jusqu'à la période de reproduction.
Elle présente généralement un comportement grégaire : il est fréquent d'observer d'importants regroupements d'individus sur des espaces assez restreints. Par contre, après l'accouplement, la femelle s'isole dans une niche individuelle qu'elle creuse généralement elle-même.
Cette espèce n'apprécie pas la lumière et présente donc un comportement nocturne. Pendant la journée, elle est généralement cachée dans un abri, pour ne reprendre ses activités (quête de nourriture) qu'à la tombée de la nuit.
L'espèce peut s'accommoder d'une atmosphère humide, ce qui lui permet d'effectuer des déplacements en milieu terrestre.

Reproduction
La reproduction a lieu à l'automne, en octobre, voire en novembre, lorsque la température descend en dessous de 10°C et à l’âge de 2-3 ans Les œufs sont pondus quelques semaines plus tard. Ils sont portés par la femelle qui les incube pendant six à neuf mois.
L'éclosion a lieu au printemps. Les juvéniles restent liés à leur mère jusqu'à la première mue et ce n'est qu'après leur deuxième mue (à partir de la fin du mois de mai) qu'ils deviennent totalement indépendants. Ils peuvent avoir jusqu'à sept mues au cours de la première année, tandis que les adultes ne muent qu'une à deux fois par an (à partir de juin puis éventuellement en septembre).
La fécondité est faible (de 20 à 30 oeufs par femelle). Dans un milieu favorable, la femelle ne se reproduit qu'une fois par an. En outre beaucoup d'œufs n'arrivent pas à éclosion.
Le nombre de jeunes est également limité par le cannibalisme des adultes.

Longévité
La croissance des individus, limitée à 13-15 semaines par an (principalement en été) est lente. Les jeunes atteignent la maturité sexuelle à l'âge de deux ou trois ans, lorsqu'ils mesurent environ 50 mm de longueur. Il faut attendre quatre ou cinq ans pour que l'écrevisse à pieds blancs atteigne sa taille de capture minimale, soit 9 cm.
La longévité des adultes est d'environ 12 ans.

Alimentation
L'écrevisse à pieds blancs est omnivore. De caractère plutôt opportuniste, elle présente un régime alimentaire varié composé principalement de petits invertébrés (vers, mollusques, phryganes, chironomes…) mais aussi de larves, têtards et de petits
poissons. Les végétaux aquatiques ou rivulaires jouent un rôle important : les adultes en consomment une part non négligeable et ils peuvent constituer la majeure partie de
leur régime alimentaire, l'été. Aussi, la présence de feuilles mortes en décomposition dans l'eau peut-elle constituer une source de nourriture appréciable.
Les adultes peuvent faire preuve d'un certain cannibalisme à l'égard des jeunes.

Répartition, Etat de Concervation & Evolution: 

Sur l’ensemble de son aire
L'écrevisse à pieds blancs est largement répandue sur l'ensemble de l'Europe de l'ouest. L'espèce a été introduite, aussi son aire de répartition a-t-elle été largement influencée par l'homme.
On la rencontre d'est en ouest de la Dalmatie et de l'ex-Yougoslavie jusqu'aux Iles Britanniques en passant par la Suisse, l'Italie, la France, l'Espagne et le nord du Portugal. Elle est très localisée en Ecosse, en Allemagne et en Autriche. Les principaux peuplements se trouvent en France et en Grande Bretagne, ailleurs la distribution de cette espèce est mal connue.

En France
L'écrevisse à pieds blancs s'observe dans une majeure partie du pays, notamment dans la moitié sud, en plaine et en montagne. Elle est absente de l'ouest et du nord de la France. Elle est également présente en Corse depuis son introduction en 1920.
Mais, globalement, on peut dire que l’espèce est en forte régression.

En région Provence–Alpes–Côte-d’Azur
L'écrevisse à pieds blancs est présente sur la région.

A l’échelle départementale
L’aire de répartition paraît être en extension grâce à la faible pollution des amonts de rivière où elle se cantonne mais cette situation est à confirmer par des contrôles des populations sur le terrain.

Intérêt et caractéristique: 

Particularité, originalité et intérêt justifiant la conservation de l’espèce sur le site.
L’écrevisse à pieds blancs , de par sa grande sensibilité aux agressions du milieu, est un précieux bio indicateur de la santé de l’écosystème aquatique. C’est une espèce plus polluo sensible que le barbeau méridional ou le blageon et la truite.

Distribution détaillée sur le site
L'écrevisse à pieds blancs a été observée sur la Siagne, depuis le confluent de la Siagnole d’Escragnolles en amont, jusqu’au pont des Tuves en aval. Le pont des Veyans est la limite extrême aval de l’aire de répartition. La portion de la Siagne où la densité d’écrevisse est maximale se situe du confluent du Vallon de Miron où elle est aussi présente jusqu’à la Siagnole de Mons.

Données biologiques pour la conservation
Effectif : Pas de données sur l'effectif précis de l'écrevisse à pieds blancs en Siagne.

Structuration spatiale des populations : présence des individus constatée sur certains secteurs lors des pêches électriques d’inventaires (Pont de Saint-Cézaire-sur-Siagne, Pont des Tuves).

Données démographiques
Seules quelques données fragmentaires existent. Les résultats issus de pêches électriques réalisées en 2001 sont les suivants : 37 individus/ha en Siagne au niveau du Pont de Saint-Cézaire-sur-Siagne et 21 individus/ha en Siagne au niveau du Rasclaou.
Sur la Siagne, les habitats préférentiels sont les plats et les profonds

Mesures de protection actuelles
- Directive Habitats : Annexes II et V
- Protection nationale : Arrêté du 21 juillet 1983 relatif à la protection des écrevisses autochtones (interdiction d'altérer et de dégrader sciemment les milieux particuliers aux espèces "écrevisse à pieds rouges » et « écrevisse à pieds blancs »).
- Par ailleurs l'espèce peut bénéficier de mesures de protection portant sur les conditions de pêche (engins spécifiques : balances, art R 236-30 du code rural), sur un temps de pêche limité à dix jours maximum par an (art R 236-11 du code rural) et sur une taille limite de capture de 9 cm.

Diagnostic synthétique: 

L'écrevisse à pieds blancs, bien qu'ayant une grande aire de répartition, est en voie de régression sur l’ensemble du territoire, suite à la destruction de ses habitats par les pollutions, les travaux en rivière et par l'introduction dans les cours d'eau d'écrevisses américaines.

Sa présence a été constatée sur une partie du site et sa densité maximale sensiblement sur 30% du linéaire de la Siagne.Sur la Siagne, cette espèce qui est soumise à la pression due à l'importante fréquentation par les baigneurs et les randonneurs aquatiques. Si elle bénéficie déjà d’une protection théorique du point de vue législatif, elle a néanmoins besoin, d'être protégée par une surveillance accrue sur le terrain. L'espèce est en extension vers l’aval sur le site de la Siagne. Cette évolution est à suivre par des prospections répétées

Menaces
- Concurrence interspécifique et parasitaire : l’écrevisse américaine (Orconectes limosus) est présente dans le Biançon et sur la partie basse de la Siagne (restitution de Saint-Cassien, aval barrage Tanneron/Auribeau).
Cette espèce peut être porteuse d’affections susceptibles de détruire les populations autochtones d’écrevisses à pieds blancs. Ce parasite est un champignon Aphanomyces astaci qui a été introduit en même temps que les écrevisses américaines qui sont porteuses mais résistantes à la maladie et sont, de ce fait, responsables d'une grande partie de la régression de l'écrevisse à pieds blancs.
L'écrevisse américaine (Orconectes limosus) est une concurrente directe de l'écrevisse à pieds blancs. Plus féconde, de croissance plus rapide, moins exigeante au niveau écologique, plus agressive et migratrice, elle supplante rapidement l'écrevisse à pieds blancs.

- Incidence des usages et activités humaines :
- Les repeuplements en truites surdensitaires, prédatrices, constituent un impact potentiel vis à vis de l'écrevisse à pieds blancs. Ces repeuplements ont lieu sur l’aire centrale de répartition de l’écrevisse. Le plan de gestion piscicole de la Siagne devrait tenir compte de la présence de l’écrevisse à pieds blancs, espèce d’intérêt communautaire. On doit donc impérativement contrôler les repeuplements.
- Les activités aquatiques (baignade, randonnée aquatique) et la fréquentation importante induisent l'écrasement des stades jeunes en particulier, sont typiques et modifient l'habitat et peuvent faire migrer ou disparaître les individus.
- Prélèvements d'eau : la diminution de la quantité d'eau dans la rivière peut être un facteur de disparition de l'écrevisse à pieds blancs par la réduction de la surface d'habitat et l'augmentation de température.

Un débit réservé sera à prévoir à la source de la Foux pour l’accueil des écrevisses.
- L’espèce a tendance à être piégée par la calcification de l’eau qui la paralyse petit à petit.
-Traitement de l'eau des captages : toute pollution peut entraîner la disparition des écrevisses situées à l'aval.

Objectifs de gestion: 

- Maintien de cette espèce sur le site et favoriser son expansion en protégeant l'habitat et la qualité de l'eau.
- Il faudra augmenter les moyens affectés à la surveillance et au contrôle des populations d’écrevisses sur le site de la Siagne.

Plan d’action proposé pour l’espèce sur le site

- Surveiller l'introduction d'écrevisses américaines dans la rivière en faisant respecter la législation sur le commerce et le transport des écrevisses, (notamment l'interdiction de transport des écrevisses exotiques vivantes). Attention au danger de transfert « sauvage » dans la Siagne des écrevisses américaines prélevées dans le lac de Saint Cassien par les pêcheurs. La dévalaison dans la Siagne de l’écrevisse américaine à partir de la restitution des eaux de Saint Cassien (après turbinage) est à prévoir également.
- Prendre en compte l'espèce lors de toute action affectant le cours d'eau (travaux, pollution des eaux).
- Eviter la mise en place de petits barrages (dérivations d’irrigation) sur le cours d'eau qui augmentent le réchauffement de l'eau et détruisent l'habitat.
- Laisser des embâcles.
- Limiter la surfréquentation du site, surveiller la baignade (ne pas laisser mettre en place des retenues pour la baignade) et sensibiliser le public (panneaux pédagogiques, parcours pédagogiques), cette action rejoint celle déjà prévue au plan de gestion de L’APPMA de Grasse.

- Faire appliquer les mesures réglementaires déjà existantes :
-plan de gestion spécifique de l’écrevisse en fonction des résultats du suivi qui sera réalisé
-interdire l’aquarandonnée sur le site toute l’année.
-limiter la baignade du 15 mai au 31 octobre sur le site.
- Mesures de nature contractuelle préconisée (valable pour toutes les espèces piscicoles) :
-mise en place d’un poste de garde à rôle de surveillance et de sensibilisation du public : mieux utiliser le dispositif actuel défaillant.
- augmenter les débits réservés à la source de la Siagne, à la source de la Foux, à la source de la Siagnole de Mons.
- rétablir la connexion des petites sources avec la Siagne.
- Mise en place de thermographes sur l’ensemble du cours d’eau et de limnigraphes sur la partie haute (valable pour toutes les espèces piscicoles).

Suivi de l’espèce

- Suivi annuel de l'évolution du stock en place par repérage nocturne ou pêches électriques.
- Surveillance de l’installation possible d'écrevisses à pieds blancs sur la Siagnole de Mons et la Siagnole d’Escragnolles (La Pare) ; présence/absence, densités sommaire.
- Evaluation du niveau de densité de populations d’écrevisses à pieds blancs selon un protocole précis par suivis annuels ou bi ou triennaux.
- Suivi de l’état d’incrustation des fonds et de l’espèce.
- Caractérisation des peuplements (génétique + dynamique)
- Contrôle des populations invasives

Date de publication Titre
27/06/2013 - 13:01 Sorties scolaires

Afin de transmettre la connaissance du patrimoine de la haute Siagne, le SIIVU organise des sorties scolaires....

13/01/2012 - 16:03 Ouvrage patrimoine

L'ouvrage sur le patrimoine local des communes de la haute Siagne vient de paraître. Il est en vente au siège du SIIVU ainsi qu'en Offices du Tourisme....

22/03/2011 - 15:35 Le SAGE

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