Le Tignet

Situation: 

Blason Le TignetBlason Le TignetLe Tignet, village du canton de Saint-Vallier-de-Thiey, se trouve à quelques kilomètres au sud-ouest de Grasse.La commune est située
à 401 mètres d’altitude et ses habitants se nomment les "Tignetans". Il y a très longtemps le Tignet faisait parti du territoire de Cabris. Le "Vieux village", sur la route de Saint-Cézaire-sur-Siagne, contemplait jadis un paysage de prairie, de vergers, de vignobles, d’oliveraies. Vieux villageVieux village

Antiquite: 

Le Tignet est riche en vestiges archéologiques variés. Les travaux de la tranchée du gazoduc, à Font du Roure,
ont mis à jour du matériel de l’âge du bronze ainsi qu’une grotte renfermant des ossements humains,
attestant d'une occupation dès cette époque.
Les périodes pré-romaine et romaine sont les mieux représentées dans l’histoire de la commune. Des lacrymatoires retrouvés lors de la construction de la scierie prouvent l’existence d’un cimetière à inhumation gallo-romain. A la sortie du village, à l’est des Veyans,ont été découverts des “tegulae”,de la céramique des IIe et IIIe siècles. Une inscription antique a également été découverte au cours de travaux de décrépissage des murs d’une maison. Il s’agit d’une pierre de rémploi faisant partie d’un monument funéraire datant du IIIe siècle. Au quartier de Grange Neuve ce sont les ruines d’une “villae” romaine, qui ont été retrouvées et des monnaies du IVe siècle ainsi que des fragments de poterie des IIe-IIIe siècles dont un porte une représentation de “gladiateurs”.
Au quartier de la Chapelle,la découverte, entre autre, de 17 monnaies de bronze du IVe siècle et d'un trésor monétaire d’époque Constantinienne attestent de la présence romaine. Par ailleurs, le buste d’Auguste, datant du Ier siècle, fut trouvé à proximité de deux tombes sous “tegulae” lors de la construction de la propriété face à l’église . Il y avait là une “villae”
certainement très importante.Les romains créèrent de vastes exploitations agricoles et le Tignet en est un exemple typique. Aujourd’hui on peut encore suivre le chemin de la Voie Romaine.
Monnaie BronzeMonnaie BronzePierre romaine avec inscriptionPierre romaine avec inscriptionBuste d'AugusteBuste d'Auguste

Histoire: 

En 1040, le seigneur Rollanus de Cabris donne une partie de ses terres "d'Istagnum" à l'abbaye de Lérins où les moines y exploitèrent des domaines agricoles.
Les anciens textes parlent de "l'adval de Cabris", désigant les villages actuels du Tignet,Peymeinade et Spéracèdes, alors tous hameaux de Cabris.Le "Castrum de Antinhaco" existait vers 1200 et un habitat fortifié,village primitif, est mentionné durant la première moitié du XIIIe siècle dont il subsistent les ruines d'une tour envahis par la végétation.
Les "Grasse-Cabris", seigneurs du lieu, détenaient ce territoire depuis 1200 jusqu'en 1655. La famille de "Clapiers-Cabris" posséda la seigneurie jusqu'en 1788 puis vint la famille de "Navailles". Le XIVe siècle fut une période marquée par une importante crise démographique causée par la guerre et la peste décimant la population,le Tignet fut déclaré"inhabité"
En 1496 qu'il est repeuplé par l'acte d'habitation de
Cabris, conclu par "Noble et généreux personnage Balthazard de Grasse", qui fit venir 52 familles, réparties sur son territoire mais le Tignet restait "inhabité" jusqu'en 1699."La communauté du Tignet et du sieur syndic" apparaît pour la première fois dans les textes en 1711.Territoire du TignetTerritoire du TignetAncien Blason du TignetAncien Blason du TignetVestige Tour village primitifVestige Tour village primitif

Le Religieux: 

L'église "San Peyre" du castrum, citée en 1242, dont les ruines ont été étudiées en 1979, révèlant les traces d'un clocher-Tour qui pourrait dater de la fin du XIe siècle. Ceci sur le site du village primitif abandonné. Durant le XVe siècle, le territoire du Tignet se dote d'un lieu de culte qui sera mentionné
"démollie & abattue" en 1604.Les habitants du Tignet devant monter à Cabris afin d'assister à la messe provoqua le mécontentement de la population.C'est alors que l'évêque ordonna en 1634 de "faire fere la chapelle dud prieuré fu Tignet", elle sera dédiée à Saint-Hilaire. Décrite en mauvais état à la fin du XVIIe siècle, elle est agrandie en 1746 et devient succursale à la fin du siècle. Le service religieux est alors régulier et le cimetière est construit.Au début du XIXe siècle,la chapelle Saint-Hilaire était vétuste et trop petite pour contenir la population, la construction de l'église est terminée en 1841 sur l'ancienne chapelle. Une rénovation fut effectuée en 1893 et le clocher rajouté en 1900. Le "vieux village" est désormais sans paroisse, remplaçée par la nouvelle église Saint-Jean-Cassien, implantée au val du Tignet.
Il existait plusieurs anciennes chapelles qui ont disparues mais que l'on retrouve dans des anciens textes d'archives.Ancienne église paroissiale Saint-HilaireAncienne église paroissiale Saint-HilaireBuste Saint-HilaireBuste Saint-HilaireEglise Saint-CassienEglise Saint-Cassien

Le village: 

La toponymie du Tignet, dont ses formes anciennes, dérive du mot composé "Antini-Acus",signifiant le domaine appartenant à un certain "Antinius". Certains écrits indiquent que le Tignet dérive du mot latin
"tigum" traduit par "pièce de bois".Blason du TignetBlason du Tignet
Le Castellaras du Tignet fut érigé à partir du début du XIIIe siècle. Ses vestiges se situent sur un petit plateau dominant un à-pic rocheux. Cette situation est particulièrement bien choisie pour ce château-garnison qui n’était pas une résidence seigneuriale. Il est probable que certains murs intérieurs datant du XVIe siècle ont remplacé des bâtiments plus anciens. L’accès de ce château était presque impossible, il n’existait qu’une entrée sur le mur sud où deux séries de trous semblent encore indiquer l’emplacement d’un ancien balcon en bois sur lequel était posée une échelle d’accès. Le château du Tignet ne fut utilisé que pendant deux cents ans.
Plan ForteressePlan Forteresse
Le Tignet était un hameau de Cabris,dit aussi "l’adval de Cabris". C’est seulement en 1790 que le Tignet fut définitivement détaché de Cabris, devenant une commune indépendante. Le premier conseil municipal fut réuni par Jean Daver en 1794 et l’on dénombrait 150 habitants
Mais l’habitat reste toujours dispersé au Tignet, où il n’existe que quelques bastides jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Un nouveau cadastre fut achevé en 1817 et le Tignet était composé en 1819, de 47 maisons, 91 bastidons,16 bastides, 41 masures, 12 bergeries, 5 écuries, 6 étables et 9 hangars. Le village voit apparaître l’électricité en 1905 et la population après
la première guerre n’est plus que de 126 habitants.
Au cours du XXe siècle l’augmentation de la population est surprenante avec beaucoup de propriétés bâties. Le village est descendu progressivement dans la plaine pour s’étendre autour de la route Grasse-Draguignan. La mairie,les écoles ont suivi au point que la commune
présente deux pôles distincts : le vieux village et le centre d’activités administratives et commerciales.
Casdatre napoléonien du TignetCasdatre napoléonien du TignetCastellaras 1925Castellaras 1925Vieux village 1912Vieux village 1912

Le terroir: 

Les terres du Tignet furent exploitées par les habitants de Cabris avant de devenir une communauté à part entière. Ce n’était alors que des cultures de vignes et d’oliviers en partie avec "le droit de pâturage pour les troupeaux ...à grange neuve" et quelques terres "à bled". Tout était soumis aux droits "banaux", à cette époque, pour fouler le blé: il fallait utiliser les juments du seigneur, il était obligatoire de le moudre dans son moulin, et de cuire son pain dans son four contre un paiement.
Au XVIe siècle, les récoltes de myrte et de lavande se faisaient au-dessous du "Grand Chemin". Les paysans, en 1788, avaient presque tous un âne pour le transport de leurs récoltes. L’apiculture, pratiquée dans la commune, en garde le souvenir dans le nom de certains quartiers ; "Petit Apié". Entre 1850 et 1890, il y eut une fabrique de papier, un moulin à tan, un moulin à sang, une scie à eau, une fabrique de tuiles, des fours à chaux et la création d’une école primaire puis la construction du bâtiment de l’école. Au cours du XXe siècle, l’essor de Grasse avantage les campagnes environnantes au travers de la culture florale. Les champs de jasmin, aux quartiers de la Martourette et du Maupas, les cultures de tubéreuses, en limite de Peymeinade, les roses aux Planasteaux entre autres, métamorphosent le paysage et embaument le village du Tignet.La culture de l’olivier et de la vigne restaient
alors dans le domaine privé, chacun faisait son huile et son vin. Les cultures maraîchères se développaient et les pêchers remplacèrent les vignes Depuis les années 1970, le tunnel, vestige de la voie ferrée, abrite une champignonnière. Cette culture,très
surprenante, se développe dans le noir et l’humidité permanente. Une première récolte peut se faire après six semaines, que l’on retrouvera sur le marché de Peymeinade.
Les vignesLes vignesLes oliviersLes oliviersCulture de JasminCulture de Jasmin

Les voies de communication: 

Le Tignet était sillonné de vieux chemins piétonniers et muletiers. En sortant de Montauroux, la longue descente vers la Siagne passait de l’altitude 230m à celle de 83m au pont de Tournon. Après avoir gravi les "épingles à cheveux" de la rampe de la Font du Roure, la route atteignait le Maupas (mauvais passage), lieu sinueux et particulièrement dangereux. D’importants travaux furent exécutés en 1722 sur ce tronçon: "les rochers du vallon de Maupas seront coupés pour faire un grand contour". Il faut savoir qu’en 1788 aucune diligence ne circulait entre Grasse et Draguignan. Les délibérations de 1806, parlent
"d’employer quelques journées au chemin qui conduit de la cadenière aux veyans, et qui de là va aboutir à la route de Draguignan; ainsi qu’à celui qui conduit du Pas de pique au chemin de Draguignan". Le maire en 1808 déclarait "la réparation des chemins vicinaux était un objet qui devait chaque année fixer l’attention des administrés". C’est seulement au cours du XXe siècle que le réseau routier s’améliorera.
Tandis que le rail fait son apparition dans le Comté de Nice en 1852, la ligne Draguignan-Grasse fut déclarée d’utilité publique en août 1882. La section Montauroux-Grasse fut ouverte à l’exploitation en novembre 1890. Cette première ligne de Grasse à Meyrargue, partait de la gare au bas de la ville de Grasse, atteignait Saint Jacques puis par une pente arrivait aux viaducs de la Pouirraque et des Ribes. Au-delà de la gare de Peymeinade, la voie remontait dans une zone boisée jusqu’au faîte des Planasteaux et là le rail redescendait vers la limite départementale des Alpes-Maritimes et du Var. En septembre 1939 la mobilisation est décrétée et en août 1944,le viaduc est détruit. Le même jour, le pont de Tournon et le pont de Siagne furent détruits également (ce dernier fut reconstruit trois ans plus tard). La ligne fut définitivement fermée le 2 janvier 1950.Pont de TournonPont de TournonViaduc de la SiagneViaduc de la SiagneRue centre villageRue centre village

Les moulins: 

Avant la Révolution, les moulins en bord de Siagne
appartenaient au Marquis de Cabris. En 1779, les
"usines” se composaient de "2 moulins à farine, 8 moulins à huile, 1 moulin à recence et une scie à bois". Le 6 janvier 1790, poussés par le souffle de liberté qui passait sur la France, les habitants de Cabris crurent le moment venu de secouer le joug féodal. Ils se rassemblèrent à la tombée de la nuit et descendirent jusqu’à la Siagne, la précieuse rivière dont "les eaux faisaient tourner les moulins banaux, communs aux communautés du Tignet et de Cabris". Ils envahirent la maison du fermier, détruisirent de fond en comble la prise d’eau (béalière) et saccagèrent les moulins. Le peuple s’aperçut très vite de la bévue commise; plus moyen de faire fonctionner les moulins, cela nécessitait d’aller moudre dans les villages voisins.
Quelques temps après l’établissement du canal de la Siagne, en 1869, M. de Navailles intenta contre la compagnie concessionnaire de ce canal, un référé devant le Tribunal de Grasse, à l’effet de faire constater que ses usines manquaient d’eau, suite à la construction de ce canal. Les procès étaient d’une durée presque illimitée!!
Au cours du XXe siècle, le destin des moulins de Siagne allait changer à travers l’implantation d’une pisciculture.
Le moulin symbolise le mouvement perpétuel, il sublime l’eau exploitant sa force et son énergie.Plan des moulins du TignetPlan des moulins du TignetMoulins du TignetMoulins du Tignet

L'eau: 

Les seigneuries situées en bord de rivière possédaient le "droit de pêche". Le seigneur de Cabris (et du Tignet) détenait aussi son “droit de jouissance” et prétendait interdire aux grassois de pêcher dans la Siagne. Le seul pont existant au XVIIIe siècle pour passer la Siagne, était celui qui reliant le Tignet à Montauroux; le pont de Tournon.
Le seul approvisionnement en eau du Tignet dépendait de la fontaine communale, 50l par jour étaient autorisés par habitant avec son bétail. En 1808 fut réparée la petite fontaine, "cette fontaine placée sur la route conduisant de la Cadenière à la rivière
...est d’un grand secours ; les habitants ne sont pas obligés pour abreuver leurs bestiaux de monter à la grande fontaine.. " cependant la fontaine tarit tous les étés. Six projets furent proposés entre 1841 et 1862 afin d’alimenter en eau la ville de Cannes. En 1868, le canal de la Siagne après un parcours de 43km amenait l’eau jusqu’à Cannes. Celui-ci étant loin de répondre à tous les besoins, le Docteur Belletrud, après dix ans de projets et démarches obstinées, réalisa le canal portant son nom et l’eau jaillit en 1931. Le canal Belletrud alimente Cabris, Saint-Cézaire, Spéracèdes, Le Tignet et Peymeinade.
L'eau : n'en perdons pas une goutte!!Fontaine du villageFontaine du villageCanal de la SiagneCanal de la Siagne

Les souvenirs: 

Rue du vieux villageRue du vieux villageEglise paroissiale, vieux villageEglise paroissiale, vieux villageCommerce du TignetCommerce du TignetVoie ferréeVoie ferrée

Date de publication Titre
06/12/2013 - 12:08 2ème réunion de la Commission Locale de l'Eau

La Commission Locale de l'Eau (CLE) s'est réunie le 13 novembre 2013 à Tanneron.

Lors de cette réunion les membres de la CLE ont validé :
- les règles de fonctionnement

- la...

08/07/2013 - 16:23 Installation de la CLE

La Commission Locale de l'Eau a été installée le 11 juin 2013 par le Préfet des Alpes-Maritimes lors d'une réunion en mairie de Peymeinade.
Le collège des collectivités a élu comme Président...

08/07/2013 - 16:07 Arrêté de la CLE

L'arrêté de la composition de la Commission Locale de l'Eau a été validé le 14 mai 2013 et signé par le Préfet des Alpes-Maritimes, M. Christophe MIRMAND.